5 mai 2026

États généraux de la justice de la RDC : La réflexion en cours devrait être abordée avec un thème moins politique et moins frustratoire (Tribune du Professeur Ahmed Useni)

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Rédaction: +243 817 406 088

1. Quant au thème principal retenu :

De part ce thème, je constate que la République elle-même informe le monde entier qui nous observe que notre justice nationale est malade. C’est une première dans l’histoire de l’humanité car, je ne connais aucun pays qui s’est fait une telle pire publicité. Les politiques surtout ceux de l’opposition, peuvent faire des telles déclarations mais, l’on ne devrait pas conférer un caractère officiel auxdits propos. Je me demande, quel regard allons-nous désormais bénéficier du monde extérieur qui consomme notre publicité en qualifiant publiquement notre justice de malade?

Très souvent, nous nous demandons comment et pourquoi un pays comme la RDC, aux potentiels économiques énormes, n’arrive pas à attirer des véritables investissements étrangers dans les secteurs productifs et créateurs d’emplois. C’est aussi parce que nous ne sommes pas regardants aux petits détails comme ceux-ci. Le cas le plus récent et illustratif, c’est l’annulation du processus d’octroi de nos blocs pétroliers par manque notamment des investissements étrangers sérieux en dehors des spéculateurs des capitaux qui auraient soumissionné. Mais, qui peut nous faire encore confiance quand nous continuons à officialiser des telles diatribes?

Je pense que la réflexion en cours devrait être abordée avec un thème moins politique et moins frustratoire. Le thème devrait être sobre, fédérateur et vecteur d’espoir d’une bonne administration judiciaire comme il en avait été le cas en l’an 2015 dont les louables recommandations tardent à être appliquées. Pour moi, notre justice nationale se porte globalement bien mais, souffre de quelques maux déjà diagnostiqués dont notamment, les interférences politiques surtout pendant les périodes électorales, les désastreuses conditions de travail des acteurs judiciaires, la corruption (infraction plurale), le manque de renforcement des capacités des acteurs etc.

2. Quant à la méthodologie utilisée :

Je constate également, bien avant même que la réflexion pour ce dont l’on convie les personnalités à travers la République, n’ait commencé, l’on affirme déjà avec un ton péremptoire que « la justice congolaise est malade » puis, l’on s’interroge sur le pourquoi de cet état des choses avant de proposer la thérapeutique. De quoi parlons-nous ici?

Je pense que la méthodologie choisie est incommode. La bonne imposerait à ce que les choses soient inversées. L’on devrait commencer par faire « réfléchir » les acteurs judiciaires et sociaux avant de « qualifier » l’état de notre justice comme le résultat de ladite réflexion sauf si l’on disposerait déjà des conclusions pour des fins encore voilées. La méthodologie utilisée s’avère davantage erronée lors que je consulte le programme desdites assises, nulle part, l’on ne renseigne la constitution des panels qui devraient réfléchir sur des sous-thèmes précis comme : justice pénale, justice électorale, justice constitutionnelle etc.

Par contre, je lis les titres des exposés que certaines personnalités développeront au cours desdites journées comme des enseignants devant leurs étudiants. Si l’on veut faire participer les convives à la réflexion, l’on doit constituer des panels pour aborder des sous-thèmes précis. Si non, les états généraux de la justice nationale se confondraient aux concours de la sapologie des élites du pays ou aux meetings populistes durant lesquels les acteurs judiciaires avec les magistrats en ligne de front, seront accusés de tous les maux, insultés, calomniés sans qu’ils n’aient la moindre chance de se défendre.

Prof. Dr. Ahmed Useni

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