Journée mondiale de la liberté de la presse: la Tribune des femmes des médias appelle à un usage responsable des réseaux sociaux
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À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, la Tribune des femmes des médias (TFM) a organisé, samedi dernier, une marche de sensibilisation en collaboration avec l’UNCC, l’UNPC et la fondation FOMACK. Cette initiative s’inscrivait autour du thème : « Le rôle crucial des médias, comme quatrième pouvoir, pour la paix et la résilience : comment construire un avenir de paix durable ? ».
Par cette mobilisation, les professionnelles des médias ont souhaité attirer l’attention sur les dérives liées à l’utilisation des réseaux sociaux, devenus aujourd’hui un canal majeur de diffusion de l’information. La TFM insiste sur la nécessité d’assainir ces espaces numériques afin de promouvoir une communication respectueuse, une éducation de qualité ainsi que le respect strict des règles déontologiques et de l’éthique journalistique.

« L’information circule désormais largement sur les réseaux sociaux, souvent sans respect des normes professionnelles. Il est temps de remettre les choses en ordre », a déclaré Rachel Shako, présidente de la TFM.
Elle a rappelé que le journalisme demeure « un métier noble » dont la mission fondamentale est de « former, informer et éduquer », une responsabilité qui ne doit en aucun cas être banalisée.
La TFM appelle ainsi à une prise de conscience collective, tant chez les professionnels des médias que chez les citoyens qui s’improvisent producteurs de contenus. L’objectif est de lutter efficacement contre la désinformation, considérée comme un obstacle majeur à la consolidation de la paix et au développement de la République démocratique du Congo.
De son côté, Jasbey Zegbia, secrétaire général de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), a lancé un appel au respect du métier de journaliste, qu’il qualifie également de noble.
« Nous nous sommes mobilisés pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse. Aujourd’hui, avec la vitesse du numérique, tout le monde peut produire du contenu médiatique. Cependant, le contenu produit par un journaliste professionnel doit se distinguer par sa précision, sa rigueur et le respect des bonnes mœurs. C’est dans ce sens que j’appelle le monde entier à respecter le travail du journalisme, qui demeure un métier noble. Il mérite considération et respect de la part de tous », a dit le secrétaire général de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), qui a salué cette mobilisation conjointe avec les organisations professionnelles, notamment l’Union nationale des caméramans du Congo.
Il a également souligné que cette édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse met un accent particulier sur les enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle dans la production et la diffusion de l’information.
« Nous vivons à une époque où l’information circule à une vitesse fulgurante, au point qu’il devient difficile de distinguer les contenus journalistiques des simples publications. »
Par ailleurs, l’UNPC a annoncé le lancement, depuis le 30 avril, d’un mois dédié à la liberté de la presse, qui se poursuivra jusqu’au 30 mai, avec plusieurs activités prévues. Parmi celles-ci figure la signature d’une charte visant à renforcer l’engagement des journalistes dans l’accompagnement des efforts du gouvernement, notamment dans le contexte sécuritaire préoccupant à l’Est du pays.

Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays et une recrudescence de la désinformation, l’Union nationale des cameramen du Congo (UNCC), également présente lors de cette marche, a rappelé que la paix ne se limite pas aux discours politiques ou aux actions militaires : « elle se construit également à travers les images diffusées au quotidien. »
Merlin Kamalandua, président de l’UNCC, a salué l’engagement des autorités congolaises en faveur de la liberté de la presse, tout en mettant en lumière les efforts déployés pour contrer les campagnes de désinformation. Il a insisté sur la responsabilité croissante des cameramen, appelés à dépasser leur rôle technique pour devenir de véritables acteurs sociaux :
« Je tiens à saluer la volonté politique de Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Chef de l’État, pour son attachement à la liberté de la presse et son attention envers les professionnels des médias, notamment les cameramen. Je salue également l’engagement de Son Excellence Patrick Muyaya Katembwe, dans la lutte contre la désinformation, notamment contre ce qui est qualifié de poison rwandais. Ce combat interpelle directement notre métier car aujourd’hui, plus que jamais, le cameraman n’est pas un simple technicien. Il est un témoin de la vérité, un acteur de la stabilité, un artisan de la paix », a-t-il affirmé, soulignant qu’une image peut, selon son usage, apaiser ou attiser les tensions, unir ou diviser une nation.
Le président de l’UNCC a également réaffirmé le soutien de sa structure aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), s’engageant à documenter leur bravoure et à contribuer à la défense de la vérité à travers un travail professionnel et rigoureux.
À travers cette mobilisation, la Tribune des femmes des médias et ses partenaires entendent réaffirmer l’importance d’un journalisme responsable, au service de la vérité, de la paix et du développement durable.
La Rédaction
