Liberté de la presse en RDC: Pour avoir critiquée E. Shadary, Une journaliste enlevée puis contrainte de quitter clandestinement le pays.

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A deux mois de la tenue des élections présidentielles et législatives en République Démocratique du Congo, les attaques ciblées contre les professionnels des médias se multiplient. Plusieurs journalistes sont victimes d’attaques personnelles dans l’exercice de leur profession par des agents de service des renseignements. Après Djouzen Belebele, cameraman-reporter d’Antenne A, Edmond Izuba, journaliste à la RTVS1, c’est le tour de Myrthe Ekuba, journaliste à Numérica télévision. Cette dernière a été plus d’une fois victime des intimidations, des menaces et séquestration à cause de ses analyses sur la candidature d’Emmanuel Ramazany Shadary à la présidentielle de décembre 2018.

Effet, Le dimanche 16 septembre 2018, Myrthe Ekuba a déclaré sur les ondes de Numérica TV que « la désignation d’Emmanuel Ramazany Shadary comme candidat du Front Commun pour le Congo (FCC) à la dernière minute relève d’une forte pression subie à l’interne comme à l’externe par le Président Joseph Kabila ». En réalité, Emmanuel Shadary n’est qu’un simple arbre qui semble cacher la forêt ; Joseph Kabila se cacherait « malignement », derrière cette candidature a-t-elle poursuivi. Déjà le matin du vendredi 14 Septembre, pendant qu’elle présentait une émission d’antenne libre, Myrthe Ekuba a reçu plusieurs appels d’un numéro anonyme. L’auteur de cet appel prétendait être un téléspectateur qui voulait intervenir en direct dans son émission. Alors que c’était un agent du service de renseignement selon nos sources.

Le jeu se joue dans la soirée du dimanche 16 septembre .

Après son journal télévisé du dimanche du 16 septembre, alors qu’elle se dirigeait vers son arrêt de bus vers 22 heures, Myrthe Ekuba a été surprise de voir un homme à bord d’une Jeep Prado TX l’appeler par son nom : « Félicitations Myrthe Ekuba pour votre émission. J’ai suivi l’intégralité et j’ai aimé vos analyses. Je peux vous aider à vous déposer vers votre destination » lit-on dans un communiqué de presse de L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique, OLPA, une organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse.

Après être autorisée de s’y embarquer, la journaliste a trouvé deux autres passagers dans la voiture. Chemin faisant, le conducteur à embarquer un quatrième passager. C’est alors que ce dernier a commencé à proférer des menaces contre cette célèbre journaliste en l’accusant d’être proche du candidat de l’opposition Martin Fayulu et de multiplier ses analyses à la télévision contre Emmanuel Shadary et la machine à voter.

Copieusement tabassée et torturée, la journaliste a été conduite vers la commune de Mont Ngafula, non loin du cimetière dénommé « Chemin du paradis », Myrthe a été placée dans une maison où elle a passé 48 heures dans des conditions inhumaines. Pendant que ses bourreaux multipliaient des stratégies pour l’exécuter, l’un d’entre eux a proposé de l’enfermer dans un sac pour la jeter dans le fleuve Congo. C’est ainsi que ce dernier s’est arrangé pour la faire fuir en la mettant dans le sac comme si il allait la jeter dans le fleuve. Arrivé à bord du fleuve, ce bourreau a demandé à Myrthe de quitter urgemment la RDC au risque d’être de nouveau traquer et exécuter. C’est alors qu’elle va traverser nuitamment, avec grand risque, le fleuve Congo par pirogue pour Congo Brazzaville.

Le pouvoir de Kabila interpellé.

Cette pratique qui tend à muselé la presse avec des violentes répressions est condamnée avec la dernière énergie par les mouvements et associations des journalistes. « Nous condamnons fermement l’enlèvement et la torture dont a été victime la journaliste, Myrthe Ekuba, contrainte par ses bourreaux de ne plus retourner au pays à cause de ses analyses objectives sur un candidat à l’élection présidentielle » a dénoncé l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique, OLPA dans un communiqué, qui exhorte par ailleurs les autorités congolaises « à faire tout le nécessaire pour identifier les responsables de l’enlèvement du journaliste et de prendre au sérieux les menaces contre elle ».

« Cet enlève dépasse l’intolérable et viole scrupuleusement les prescrits de la constitution qui reconnaissent la liberté d’expression à toute citoyen congolais » a écrit Jean-Bucard Kasonga Tshilunde, président de l’Union Nationale de la Presse du Congo, UNPC

L’enlèvement puis la séquestration de Myrthe Ekuba a installé climat de méfiance entre le le Front Commun pour le Congo, FCC et la presse congolaisese qui s’est décider d’imposer un embargo au Dauphin de Joseph Kabila qui, déjà, sa cote de popularité est en baisse contrairement à ses deux challengers, à savoir, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi.

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