14 août 2026

RDC: la contraception irréversible au cœur d’une matinée d’échanges de haut niveau entre divers acteurs

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Membre du comité organisateur, Pélagie Ebeka, présidente de l’Association des femmes juristes congolaises (AFEJUCO), est revenue sur les motivations de cette initiative.

« Depuis sa promulgation, nous sommes préoccupés par la mise en application de cette loi. Au cours de nos différentes campagnes de sensibilisation, nous nous sommes rendu compte des difficultés que pose l’état actuel de la législation sur l’accès à la contraception irréversible. Les conditions exigées semblent difficiles à remplir pour les personnes désireuses d’y recourir, ce qui expose davantage les femmes à la mortalité maternelle. Nous avons donc décidé d’engager un plaidoyer en faveur de la révision de l’article 81 de cette loi. »

Intervenant au cours de cette rencontre, le rapporteur de l’Assemblée nationale, le professeur Jacques Ndjoli, a souligné l’importance de cette question, estimant que la loi ne tient pas suffisamment compte des réalités congolaises.

« L’article 81 de la loi sur la santé publique de 2018 stipule que toute personne en âge de procréer peut bénéficier, après avoir été suffisamment éclairée, d’une méthode de contraception réversible ou irréversible. En cas de contraception irréversible, le consentement écrit est subordonné à l’avis de trois médecins et d’un psychiatre. Dans la pratique, cette disposition se heurte aux réalités de notre système de santé. L’exigence de réunir trois médecins et un psychiatre constitue, dans plusieurs régions du pays, une barrière quasi insurmontable. Malgré les efforts du Gouvernement, notre système de santé souffre encore d’importantes contraintes, notamment l’insuffisance d’infrastructures, le manque de ressources humaines qualifiées, une répartition inégale des structures sanitaires ainsi qu’un déficit en équipements. »

Le professeur Jacques Ndjoli a par ailleurs dénoncé la tendance à transposer certaines dispositions du droit occidental sans tenir compte des réalités nationales.

« Je salue l’engagement de l’honorable Olivier Kabeya, qui milite pour ramener le nombre de médecins requis de trois à un et supprimer l’exigence de l’avis d’un psychiatre. Je m’engage à soutenir cette proposition afin qu’elle soit examinée lors de la prochaine session parlementaire. »

Pour sa part, Bibiche Mbete, coordinatrice du Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive, a plaidé en faveur de la révision de cette disposition.

« Si consulter un seul médecin à Kinshasa constitue déjà un véritable parcours du combattant pour de nombreuses femmes, qu’en est-il lorsqu’il faut obtenir l’avis de trois médecins et d’un psychiatre ? Au-delà de la question de la santé, se pose également celle du coût. Par ailleurs, cette méthode ne concerne pas toutes les femmes, mais principalement celles qui ont déjà plusieurs enfants et souhaitent mettre fin à leur fécondité. Les grossesses répétées demeurent, en effet, l’un des facteurs de la mortalité maternelle. »

Le député national Olivier Kabeya a, de son côté, réaffirmé son engagement à porter ce combat au Parlement. Élu de Ndemba, dans la province du Kasaï Central, il estime que les réalités auxquelles sont confrontées les femmes congolaises nécessitent une réponse législative adaptée.

Selon lui, cette proposition de loi vise à alléger les procédures administratives imposées aux personnes souhaitant recourir à une méthode de contraception irréversible, tout en contribuant au respect des droits des femmes et à l’amélioration de leur bien-être.

Déposée officiellement à l’Assemblée nationale il y a quelques mois, cette proposition de loi bénéficie notamment du soutien de l’Association des femmes juristes congolaises (AFEJUCO), du Réseau des magistrats pour le Protocole de Maputo( REMAP 14),  du Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive( RJSSR), ainsi que de la Coalition contre les grossesses non désirées ( CGND).

Chantal Kabasua

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