Mise en œuvre de la justice transitionnelle en RDC : le cadre de concertation note des avancées et des défis importants
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« La justice transitionnelle et consolidation de la paix: renforcer l’appui à la Commission Provinciale Vérité, Justice et Réconciliation(CPVJR) et accompagnement des victimes, la médecine légale au service de la vérité, de la justice et de la rédevabilité: perspective d’institutionnalisation », telles sont les thématiques abordées lors de la deuxième réunion du cadre de concertation sur la justice transitionnelle organisée le 24 septembre 2026 à Kinshasa par le ministère des droits humains avec l’ensemble des partenaires impliqués sur cette question notamment le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme(BCNUDH).

Dans son mot, le directeur pays du BCNUDH, Patrice Vahard a indiqué qu’il y’a certes des avancées enregistrées en matière de justice transitionnelle en RDC. Mais les défis importants persistent dans la mise en œuvre de ce processus conformément à la résolution 6035 portant assistance technique et renforcement des capacités dans le domaine des droits de l’homme en RDC du conseil des droits de l’homme adopté en octobre 2025.
« Les avancées en matière de justice transitionnelle sont nombreuses et très encourageantes. Mais reconnaissons qu’il y’a des défis dans sa mise en œuvre. L’évaluation récente de la résolution 6035 a mis en évidence la persistance des défis importants notamment la fragmentation de nos interventions, la capacité limitée de la CPVJR, les défis en matière de protection des victimes et témoins ainsi que le développement encore insuffisant des capacités médico-légales de la RDC », a fait savoir Patrice Vahard.

Face à ces défis, le ministre des droits humains, Samuel Mbemba a invité tous les congolais à s’approprier de la justice transitionnelle qui, selon lui, constitue un rempart pour lutter contre l’impunité et renforcer l’état de droit. Ce, avant de formuler quelques recommandations quant à ce qui est déjà fait et ce qui doit être fait dans le cadre de la mise en place de la justice transitionnelle en RDC.
« Il s’agira notamment de renforcer les capacités et le fonctionnement effectif de la CPVJR du Kasaï central, en plaçant les victimes au cœur de notre action, à travers leur écoute, leur protection et leur accompagnement psychosocial, juridique et socio-économique, tout en consolidant les mécanismes de vérité, de justice et de réparation. Dans cette dynamique, la médecine légale constitue également un outil essentiel pour les victimes, contribuer à l’établissement des responsabilités et préserver les éléments de preuve. Son institutionnalisation en RDC représente ainsi un enjeu majeur dans la lutte contre l’impunité », a déclaré Samuel Mbemba.

Partenaire de premier plan dans l’implémentation de la justice transitionnelle en RDC, la Belgique par l’entremise de la conseillère politique de son ambassadeur en RDC, Griet Gregoir, a insisté qu’il n’y aura pas la paix voulue par tous sans justice.
« Sans justice, il ne peut pas avoir la paix durable. Tant que les victimes ne sont pas reconnues dans leurs souffrances, tant que la réparation et la lutte contre l’impunité restent insuffisantes, les blessures du passé continueront à fragiliser l’avenir », a-t-elle relevé.

Une posture également réitérée par l’ambassadeur de l’Union Européenne qui tient à la mise en œuvre de la justice transitionnelle en RDC pour rétablir la vérité.
Ce cadre de concertation voulu est tenu conformément à la résolution 6035 du conseil des droits de l’homme qui consacre une approche intégrée réunissant les droits humains, lutte contre l’impunité, justice transitionnelle et consolidation de la paix. Les échanges de cette deuxième réunion qui constitue une contribution concrète et particulièrement importante de la réflexion internationale intervient à quelques jours de l’examen de la situation des droits humains en RDC par le conseil des droits de l’homme.
AM
