TGI/N’djili : après 2016, le palais de justice à nouveau ciblé par des actes de vandalisme
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Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/N’djili a été la cible d’actes de vandalisme dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2026. Des individus non encore identifiés se sont introduits dans les installations de cette juridiction, où ils ont notamment tenté de forcer certains accès. Un incident qui ravive les inquiétudes sur la sécurité des palais de justice et la protection du patrimoine judiciaire en République démocratique du Congo.

Selon les premiers éléments constatés ce vendredi 30 octobre, la serrure de la salle d’audience Ndomba Kabeya a été cassée. La porte du cabinet de la présidente du tribunal aurait également fait l’objet d’une tentative de destruction. Si les auteurs de ces actes n’ont apparemment pas réussi à accéder aux espaces ciblés, les dégâts matériels relevés témoignent néanmoins de la gravité de l’incident.

Face à cette situation, la juridiction affirment que toutes les dispositions nécessaires sont prises afin de renforcer la sécurité des installations et prévenir de nouveaux actes de cette nature.
Au-delà des dégâts matériels, cet incident soulève des questions fondamentales auxquelles les enquêtes devront apporter des réponses. Qui sont les auteurs de ces actes ? Agissaient-ils dans le but de commettre un simple vol ou visaient-ils des documents, des dossiers judiciaires ou des espaces stratégiques de la juridiction ? S’agissait-il d’un acte isolé ou d’une opération préméditée ?

À ce stade, aucun mobile ne peut être avancé avec certitude. Il revient donc aux services compétents de mener des investigations approfondies pour identifier les auteurs, établir les circonstances exactes des faits et déterminer leurs éventuelles motivations.
Ce nouvel incident rappelle un épisode particulièrement douloureux de l’histoire de cette juridiction. En 2016, peu après sa réhabilitation, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/N’djili avait déjà été frappé par un incendie dévastateur. Le sinistre avait consumé une grande partie du bâtiment ainsi que l’ensemble des dossiers physiques qui y étaient conservés, selon les informations rapportées à l’époque.
Dix ans après cet épisode, cette nouvelle atteinte aux installations du tribunal remet sur la table la question de la sécurisation des infrastructures judiciaires, mais également celle de la conservation et de la sauvegarde du patrimoine documentaire de la justice.
Cette tentative de vandalisme intervient dans un contexte où la sécurité des acteurs judiciaires suscite de plus en plus de préoccupations. Les magistrats sont régulièrement confrontés à des menaces, des agressions et, dans certains cas, à des actes criminels particulièrement graves. La protection des juridictions ne saurait donc être considérée comme une simple question de gardiennage, elle constitue une condition essentielle au bon fonctionnement du service public de la justice et à l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Les palais de justice doivent être des espaces protégés, où magistrats, avocats, justiciables et personnels judiciaires peuvent exercer leurs activités en toute sécurité.
Si la tentative d’effraction au TGI/N’djili n’a apparemment pas atteint son objectif, elle devrait servir d’électrochoc aux autorités compétentes. Au-delà du renforcement des dispositifs de surveillance, de l’installation de systèmes de vidéosurveillance, du contrôle des accès et de la présence permanente d’agents de sécurité, une autre mesure mérite une attention particulière : la numérisation des archives et des dossiers judiciaires.
L’expérience de l’incendie de 2016 démontre combien la conservation exclusive des dossiers sous format physique expose l’institution judiciaire à des pertes irréparables. La mise en place d’un système fiable d’archivage numérique, accompagné de sauvegardes sécurisées et régulières, permettrait de préserver la mémoire judiciaire, de garantir la traçabilité des procédures et d’assurer la continuité du service public de la justice, même en cas de sinistre ou d’acte de vandalisme.
Il ne s’agit donc plus seulement de réparer les portes endommagées ou de remplacer les serrures forcées, mais de repenser globalement la protection des infrastructures judiciaires et des documents qu’elles abritent.
En attendant les conclusions des investigations, cet incident au Tribunal de grande instance de Kinshasa/N’djili interpelle le Conseil supérieur de la magistrature ainsi que les autorités gouvernementales compétentes. La sécurisation des palais de justice et la modernisation de leur fonctionnement doivent désormais figurer parmi les priorités, afin que la justice congolaise ne soit plus exposée à de telles menaces.
Joël Diawa
