Le port obligatoire de la toge par un avocat devant l’office du procureur, une Violation normative ?( Tribune de Me Tychique FATAKI)
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Il est vrai que si l’habit ne fait pas le moine, la toge, elle, fait l’avocat , elle lui maximise du crédit tant devant son client que devant tout opérateur juridique.
Si les écritures juridiques relatives au barreau en République Démocratique du Congo, œuvrent du législateur, posent comme principe que « les avocats portent à l’audience la robe noire avec chausse garnie de fourrure de léopard et le rabat blanc ; ils ne peuvent y porter aucun insigne ni bijou marquant leur appartenance à un Ordre national ou étranger ou à une institution de droit public ou privé. Ils sont appelés «Maîtres». Ils plaident debout et découverts. », la saine raison de cette incise légale, résulterait d’un ardent désir de lui différencier surtout de toute autre personne non actrice de la scène juridico-judicaire.
Le vocable audience dans le langage ordinaire voulait tout simplement signifier: une réception où l’on admet quelqu’un dans le but de l’écouter. Hors, l’avocat peut aussi valablement être reçu et écouté devant l’Office du procureur, lorsqu’il rempli sa mission d’assistance de son client. mais pour créer une démarcation présentielle et de prestance professionnelle, il est d’us et coutume que l’avocat soit en costume professionnel.
Nous ne devons pas perdre de vue que la toge pour l’avocat, constitue Véritablement le symbole d’autorité, le reflet de son prestige, une tenue mythique, costume professionnel qui lui différencie de justiciables, lui conférant de ce fait admiration, considération et respect. La toge de l’avocat fait aujourd’hui partie intégrante du métier d’avocat, ses origines sont lointaines, de la Grèce Antique au Moyen-Age, elle a toujours été un symbole de dignité et de puissance.
Rappeler aux avocats le port de la toge devant l’Office du Procureur, n’est rien d’autres que le symbolisme interpellateur aux fins de la prise de conscience pour tout avocat, de valoriser son noble métier à tout prix et en toute circonstance juridico-judicaire, étant donné qu’il se développe une tendance de la déconsidération ou de la sous-estimation de l’action de l’avocat en dehors du prétoire mieux au parquet, surtout lorsque certains Magistrats du parquet arguent avec dédain :« Au parquet l’avocat est passif».
Le mythique pouvoir que confrère cette robe, distille considération et maximum de respect chaque fois que l’avocat s’y trouverait enfilé, à l’instar d’un militaire en ténue qui demeure toujours respecté et craint même en dehors du champ de bataille ou en dehors du camp militaire.
Au-delà de tout, le communiqué émanant du parquet, faisant du port de la toge une obligation, bien que n’ayant aucun soubassement légal , peut néanmoins avoir un soubassement des Us et coutumes, étant donné que dans l’ordonnancement des sources de droits, la loi ne demeure nullement l’unique source et qu’à chaque fois qu’elle sera muette, le recours à d’autres sources ne pourra constituer une offense juridique.
Tel est notre point de vue offert à tout avis contraire, est souhaité, pourvu de la convergence d’une édification juridique.
Me Tychique FATAKI
