Crise politique en RDC : Félix Tshisekedi fait partie du problème, il ne peut pas en être la solution (Adolphe Muzito)
Dans une interview accordée à nos confrères de Jeune Afrique, Adolphe Muzito est revenu sur plusieurs questions de l’actualité politique congolaise.
Sur la question du budget présenté par le gouvernement Sama Lukonde qui prévoit 36 milliards de dollars sur trois ans, l’ancien premier-ministre estime que ce budget est irréaliste :
» Quand j’ai quitté le gouvernement, en 2012, le niveau de réalisation du budget en ressources propres était de 3,5 milliards de dollars. Dix ans plus tard, ça n’a pas évolué. Aujourd’hui, on promet des chiffres ambitieux, mais on ne dit pas quelle sera la part en ressources extérieures qui permettra d’atteindre cet objectif. Une majorité cohérente doit avoir un programme chiffré. Nous venons de faire le tiers de l’année avec un budget de 7 milliards de dollars. Personne n’explique avec quelles réformes le collectif budgétaire permettra de réajuster le budget . »
Le gouvernement de l’Union Sacrée est constitué à 80 % de nouvelles têtes, bon nombre d’analystes croient en la rupture de la coalition FCC-CACH, Adolphe Muzito quant à lui,reste dubitatif :
» De quel projet, de quelle famille politique les membres de ce gouvernement sont-ils l’émanation ?… Ils sont dans la continuité de ce qui se faisait avant » a-il lâché.
Alors que l’État de siège proclamé par le Président de la République commence à donner ses fruits sur le plan sécuritaire, Adolphe Muzito soutient que cette mesure prise par Félix Tshisekedi n’est qu’une solution partielle à la crise sécuritaire. Pour lui, le problème se trouve ailleurs :
» Ça pourrait être une mesure utile si elle était la conséquence d’autres choix politiques. Il y a plusieurs problèmes qui se posent aujourd’hui avec l’armée. L’un d’entre eux est l’incapacité des autorités à la financer correctement. L’autre est d’avoir des généraux qui sont la cible de soupçons de la part d’ONG et de la communauté internationale, et qui vont remplacer une administration déjà fragile . »
La coalition Lamuka a boycotté les consultations convoqués par le chef de l’État en novembre dernier parce que, selon Muzito qui en est le coordonnateur, » l échange aurait dû avoir lieu sous la médiation d’une personnalité neutre. » Nous avons toujours demandé la tenue d’un dialogue, afin que ce qui s’est passé en 2018 ne nous arrive plus. Mais » Félix Tshisekedi fait partie du problème, il ne peut pas être dans la solution. » a conclu le président du parti politique Nouvel Élan.
