Magistrature congolaise en deuil : l’AFMEED rend hommage aux magistrats disparus et appelle à l’unité
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La magistrature congolaise est plongée dans une profonde douleur à la suite de la disparition, en l’espace de quelques jours, de plusieurs de ses serviteurs. Face à cette série de deuils, l’Académie des Femmes Magistrates pour l’Émergence d’un État de Droit (AFMEED) appelle la famille judiciaire au recueillement, à la solidarité et à la fraternité.
Le drame le plus marquant est celui survenu le vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, où un crash d’avion a coûté la vie au Lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, Premier Président de la Haute Cour militaire, et au Lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC. Les deux hauts magistrats militaires revenaient d’une mission de service, accompagnés de onze de leurs collaborateurs.
À cette tragédie s’ajoutent les disparitions du Premier Avocat général près le Conseil d’État, Useni Sefu Caiphe, de Vincent Mwana Mulenda, Premier Président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, ainsi que d’Amsini Kengo, Premier Substitut du Procureur de la République.
Face à cette succession de disparitions, l’Académie des Femmes Magistrates pour l’Émergence d’un État de Droit, AFMEED, a fait entendre sa voix. Dans un communiqué signé par sa présidente, Germaine Mankulu Matondo, l’organisation exprime sa profonde douleur et rend hommage aux magistrats disparus.
« L’Académie des Femmes Magistrates pour l’Émergence d’un État de Droit (AFMEED) s’incline avec une profonde douleur devant la mémoire de plusieurs magistrats que la République démocratique du Congo vient de perdre au cours de cette période particulièrement douloureuse pour la famille judiciaire », souligne le communiqué.
L’AFMEED revient notamment sur la disparition des deux hauts magistrats militaires, exprimant sa « profonde consternation » face à leur décès tragique :
« La disparition des deux hauts magistrats militaires, Joseph Mutombo Katalayi Tiende et Lucien-René Likulia Bakumi, constitue particulièrement une perte majeure pour la magistrature militaire et pour le Conseil Supérieur de la Magistrature », peut-on lire dans le communiqué.
Au-delà de l’émotion suscitée par ces décès, l’AFMEED insiste sur la dimension humaine et institutionnelle de ces disparitions. L’organisation rappelle que derrière chaque nom se trouvent des années de carrière, de responsabilités et d’engagement au service de la République.
« Ce ne sont pas seulement des noms qui disparaissent. Ce sont des parcours, des expériences, des engagements et des vies consacrées au service de la République et de la Justice qui s’éteignent », souligne Germaine Mankulu Matondo. L’AFMEED rend ainsi « un hommage particulier à ces magistrats qui, chacun dans son domaine et selon les responsabilités qui étaient les leurs, ont porté le poids du service public de la Justice et contribué au fonctionnement de l’État de droit ».
Dans ce contexte de deuil, l’organisation adresse ses condoléances à la haute hiérarchie judiciaire et militaire, au Conseil supérieur de la magistrature, à la Haute Cour militaire, au Conseil d’État, aux cours et parquets concernés, à l’ensemble du corps judiciaire ainsi qu’aux Forces armées de la République démocratique du Congo. Une pensée particulière est également adressée aux familles biologiques et professionnelles ainsi qu’à tous les proches des magistrats disparus.
Au-delà des condoléances, l’AFMEED lance un appel à l’unité au sein de la famille judiciaire. Elle invite magistrats et autres acteurs de la Justice à transformer cette période de douleur en un moment de solidarité et de fraternité.
Pour l’AFMEED, l’héritage laissé par les magistrats disparus dépasse leur seule carrière. Il réside également dans le devoir accompli, le serment prêté et le service rendu à la Nation.
« Car au-delà de la disparition des personnes, demeure leur héritage : le devoir accompli, le serment porté et le service de la Nation », rappelle le communiqué.
L’organisation conclut son message par une formule d’hommage : « Ils ont servi, ils ont porté le serment, ils ont consacré une partie de leur vie à la Justice et à la République. Leur mémoire demeurera. »
L’AFMEED formule enfin le vœu que la Nation rende aux disparus « l’hommage qui leur est dû » et prie Dieu d’accueillir leurs âmes dans Sa miséricorde, tout en accordant aux familles éprouvées, à leurs collègues et à l’ensemble de la communauté judiciaire « force, courage et consolation ».
Par ce communiqué, l’AFMEED se joint ainsi au deuil qui frappe la famille judiciaire congolaise et appelle à préserver, dans l’épreuve, les valeurs de solidarité, de fraternité et de service de la Nation qui doivent continuer à guider les serviteurs de la Justice.
Joël Di awa
