10 août 2026

Traite des personnes : Serge Bashonga alerte sur les nouveaux modes opératoires des cybercriminels

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À cette occasion, Serge Bashonga, magistrat et expert en cyberenquête, tire la sonnette d’alarme sur l’évolution inquiétante des méthodes employées par les cybercriminels. Selon lui, ces derniers exploitent avant tout la vulnérabilité psychologique de leurs victimes.

« Dans la cybercriminalité, le criminel agit sur ce que nous appelons la dimension cognitive. Il cherche à exercer une emprise psychologique sur sa victime afin de la manipuler et de l’amener à agir contre son gré », explique-t-il.

L’expert souligne que les escrocs recourent notamment à l’usurpation d’identité, à la création de faux profils et à la diffusion de fausses offres d’emploi et de voyage particulièrement attrayantes. Attirées par la promesse d’un emploi, d’un voyage ou d’un gain financier, les victimes finissent par transmettre volontairement leurs données personnelles, des photographies ou encore des vidéos privées, qui seront ensuite utilisées pour les exploiter, les faire chanter ou les soumettre à diverses formes de traite, notamment l’exploitation sexuelle.

Pour Serge Bashonga, le danger réside dans le fait que le cyberespace est un univers où les apparences sont souvent trompeuses. « Il est extrêmement difficile de déceler la fraude derrière une offre séduisante. Toute personne peut tomber dans le piège », prévient-il.

Face à cette menace grandissante, il recommande plusieurs mesures de prévention. Il invite notamment les internautes à ne jamais communiquer leurs documents d’identité ou leurs données sensibles à des inconnus, à se méfier des personnes qui refusent systématiquement les rencontres physiques et qui exigent rapidement des informations personnelles ou des contenus intimes.

L’expert insiste en outre sur la nécessité de sensibiliser davantage la population, en particulier les jeunes, aux risques liés à l’utilisation des réseaux sociaux et des plateformes numériques. Selon lui, les criminels perfectionnent constamment leurs techniques, ce qui exige une vigilance permanente ainsi que le renforcement des capacités des services spécialisés en matière d’analyse des données et des métadonnées afin d’identifier les véritables auteurs.

Enfin, Serge Bashonga rappelle que la dénonciation demeure la première arme contre ce phénomène. Il encourage les victimes à signaler rapidement les faits aux structures compétentes et déconseille fortement de conserver des images ou vidéos intimes dans les téléphones, celles-ci pouvant être dérobées à distance par des cybercriminels avant d’être utilisées à des fins de chantage.

À l’heure où le numérique occupe une place centrale dans notre quotidien, la lutte contre la traite des personnes ne se limite plus aux frontières physiques. Elle se joue désormais aussi derrière les écrans. Plus que jamais, la vigilance, la prévention et la dénonciation constituent les meilleurs remparts contre des criminels qui exploitent la technologie pour piéger leurs victimes dans un silence souvent destructeur.

Joël Diawa

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