17 juillet 2026

Journée du Barreau congolais : Kinshasa a-t-il perdu le sens de célébrer son histoire ? (Dossier de la Rédaction)

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À quelques jours de cette célébration, un constat s’impose; à Kinshasa, le silence est presque total. Ni campagne de sensibilisation, ni communication officielle d’envergure, ni annonce du thème national, moins encore l’effervescence particulière ne semblent marquer l’approche de cette journée pourtant emblématique. Une situation qui ne manque pas d’interpeller les professionnels du droit, les magistrats, les étudiants en droit, les partenaires de la justice ainsi que l’opinion publique.

Ce contraste est d’autant plus frappant que Kinshasa demeure le cœur de la vie judiciaire congolaise. La capitale abrite les plus hautes juridictions du pays ainsi que les deux plus importants barreaux de la République : le Barreau de Kinshasa/Gombe, considéré comme le premier Barreau du pays, et le Barreau de Kinshasa/Matete.

Il y a encore quelques années, cette journée donnait lieu à un véritable rendez-vous de la profession. Les Barreaux de Kinshasa/Gombe et de Kinshasa/Matete organisaient régulièrement des activités conjointes telles que des conférences scientifiques, échanges académiques, cérémonies officielles, soirées de gala et activités récréatives. Ces manifestations accueillaient des délégations venues d’autres barreaux du pays, d’Afrique, d’Europe ainsi que des représentants de l’Union Internationale des Avocats (UIA), faisant ainsi rayonner le Barreau congolais bien au-delà des frontières nationales.

Aujourd’hui, cette dynamique semble s’être estompée. À deux jours de la célébration, aucun engouement particulier ne se dégage à Kinshasa. Cette absence de mobilisation nourrit de nombreuses interrogations :

Que se passe-t-il au sein des Barreaux de Kinshasa ? Pourquoi cette journée historique semble-t-elle passer presque inaperçue ? Est-ce ainsi qu’une profession aussi prestigieuse devrait célébrer son anniversaire ?

Le constat de la rédaction révèle que les communications observées ces derniers jours concernent davantage les échanges de vœux, les marches de santé, les rappels de paiement des cotisations sous peine de sanctions disciplinaires ainsi que certaines décisions de radiation ou de suspension d’avocats. Si ces actes relèvent du fonctionnement normal des institutions ordinales, ils peinent néanmoins à traduire le caractère solennel et historique de la Journée du Barreau.

Pendant ce temps, un autre tableau se dessine dans la province du Kongo Central où le Barreau affiche une dynamique particulièrement remarquable. Une série d’activités scientifiques a été programmée en prélude à la célébration. Des affiches annonçant les conférences sont largement diffusées, avec notamment des thèmes d’actualité tels que « Les référés administratifs », animé par le Bâtonnier Alain Mavambu, ou encore « L’essentiel du régime fiscal de la profession d’avocat à la lumière des lois fiscales congolaises », présenté par Me Declerc Mavinga.

Selon plusieurs sources concordantes, le Bâtonnier national devrait prendre part à ces activités organisées sous la coordination de Madame la Bâtonnière Chérine Luzaisu. Plusieurs avocats et praticiens du droit de Kinshasa sont également attendus dans cette province pour participer aux travaux scientifiques.

Cette différence d’approche ne laisse pas les observateurs indifférents.

Dans les milieux judiciaires, certains s’interrogent sur les raisons qui expliquent ce choix du Kongo Central comme principal pôle d’animation de cette célébration. Est-ce la conséquence d’une programmation plus attractive ? D’une volonté de décentraliser les activités ? Ou traduit-il simplement l’absence d’initiatives majeures à Kinshasa ?

À ce stade, aucune réponse officielle ne permet de lever ces interrogations.

Au-delà de ces considérations, une certitude demeure : le 10 juillet est bien plus qu’une simple date au calendrier. Il s’agit d’un symbole fort de l’identité de l’avocat congolais, de son histoire, de ses combats et de sa contribution à l’édification de l’État de droit.

À ce titre, cette journée mérite une célébration à la hauteur de son importance, particulièrement à Kinshasa, berceau historique du premier Barreau du pays.

Le présent article n’a pas vocation à remettre en cause les choix des autorités ordinales. Il se veut avant tout un constat journalistique et une invitation à la réflexion. Car une profession qui défend les droits des autres se doit également de préserver la mémoire de sa propre histoire et de transmettre ses valeurs aux générations futures.

Autres temps, autres mœurs, dit l’adage. Mais une question demeure : où va le Barreau congolais et quelle image souhaite-t-il offrir à l’occasion de sa propre journée ?

L’avenir apportera sans doute des réponses.

Qui vivra, verra.

La Rédaction

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