8 mars 2026

RDC : Me Carlos Ngwapitshi plaide pour une politique pénitentiaire « responsable » et des alternatives crédibles à la prison

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« Pour résoudre cette question, j’ai toujours pensé humblement que le ministère de la Justice devrait adopter une politique pénitentiaire responsable », a-t-il déclaré.

Pour ce praticien du droit, la prison ne devrait pas constituer la réponse automatique à toute infraction pénale. Il invite à distinguer les faits de criminalité violente des infractions dites non violentes, pour lesquelles des mécanismes alternatifs pourraient être envisagés.

« Ce ne sont pas tous les faits pénaux qui devraient conduire le transgresseur en prison », a-t-il souligné, précisant que « certains faits relevant de la criminalité non violente peuvent faire l’objet de transaction avec la victime ».

Dans cette perspective, Me Ngwapitshi cite « les cas tels que abus de confiance, escroquerie, faux en écriture, détournement etc. », estimant que pour ce type d’infractions, l’incarcération n’est pas toujours la solution appropriée.

En revanche, il considère que la privation de liberté devrait être prioritairement réservée aux infractions les plus graves.

« La prison ne peut que recevoir les grands criminels (assassinat, meurtre, homicide, crime de guerre, crime contre l’humanité, génocide et j’en passe) », a-t-il soutenu.


Au-delà du débat sur l’opportunité de l’incarcération, l’avocat propose une redéfinition du rôle même de la prison en RDC. Il estime que les établissements pénitentiaires devraient intégrer une dimension productive et contribuer davantage au développement national.
« Instaurer un rôle économique que les prisonniers doivent jouer en contribuant au budget de l’État », a-t-il affirmé, considérant que « les prisonniers constituent une main-d’œuvre non négligeable, malheureusement, inexploitée au Congo », notamment dans « l’agriculture, la menuiserie, la maçonnerie ».

Pour Me Ngwapitshi, cette approche permettrait non seulement d’alléger la charge financière que représente la détention pour l’État, mais aussi d’offrir aux détenus des compétences professionnelles utiles en vue de leur réinsertion.
Car, insiste-t-il, la mission de la prison ne saurait se limiter à la punition.

« La prison a aussi pour rôle de rééduquer les détenus », a-t-il rappelé, avant de déplorer la situation actuelle : « Au Congo, on entre en prison pour vol simple pour sortir avec les notions d’assassinat ou de vol en mains armées ».

L’avocat met en garde contre les effets pervers d’un système carcéral qui, faute de programmes adaptés, peut devenir un espace de reproduction et d’aggravation de la criminalité.

« La question de réinsertion sociale des prisonniers pose un sérieux problème au Congo », a-t-il averti, appelant les autorités judiciaires et politiques à engager une réflexion structurelle sur le système pénitentiaire et à développer des mécanismes alternatifs crédibles à la détention.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de ses précédentes propositions. Déjà en juin de l’année dernière, le juriste avait suggéré l’introduction de mécanismes de médiation comme alternative à la justice pénale classique, notamment pour les infractions relevant de la criminalité économique et financière.

À travers ces propositions, Me Carlos Ngwapitshi plaide pour une justice plus équilibrée, orientée vers la responsabilisation, la réparation et la réinsertion, plutôt que vers l’incarcération systématique.

Joël Diawa

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