Il est hors de question que la gratuite de l’enseignement de base repose sur l’exploitation des enseignants. (Message de la CENCO au gouvernement congolais)
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Depuis le début de l’année scolaire 2021-2022, il s’observe un mouvement de grève des enseignants dans les écoles conventionnées catholiques. Ces derniers réclament notamment, l’application de l’accord de Bibwa dans son deuxième et troisième paliers.
Fatigué par le mouvement de grève des leurs enseignants, les élèves de ces écoles ce sont décidés de se prendre en charge. Cette semaine, nous avons assisté aux sit-in des élèves à Kinshasa, à Matadi et dans d’autres villes de la République Démocratique du Congo.


Le gouvernement congolais par le biais du ministre de l’enseignement primaire secondaire et technique parle plutôt de la manipulation de ces élèves par les enseignants du réseau des écoles catholiques.
Face à cette situation, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo n’a pas voulu assister à ce spectacle comme une spectatrice passive.
Dans une déclaration intitulé « Message d’alerte de la CENCO sur la situation de la rentrée scolaire 2021-2022 », la CENCO comme partenaire éducative du gouvernement dit avoir relevé dans un passé récent, « plusieurs facteurs internes et externes qui constituaient une menace sérieuse sur la viabilité de l’école et la qualité de l’éducation dans le système éducatif ».
A la lumière de ces facteurs, les évêques catholiques disent avoir formulé plusieurs recommandations au gouvernement pour rectifier les tirs et viser l’atteinte effective des objectifs.
Au nombre de ces recommandations,
• L’église catholique a fait observer en janvier 2021, l’urgence de dissiper les frustrations subies par des enseignants sous-payés et particulièrement par les enseignants non pris en charge par le trésor public (NP et NU);
• Une rémunération décente pour tous les enseignants (y compris NP et NU);
•Le financement correct du fonctionnement des écoles et des Bureaux gestionnaires;
• La réforme du Service de Contrôle et de Paie des Enseignants, SECOPE, en vue de garantir la traçabilité et la transparence des fonds mis à sa disposition pour la paie des enseignants;
• La mise en place d’un cadre de concertation impliquant les gestionnaires pour l’évaluation et l’amélioration de la prise des décisions en rapport avec la gratuité;
• La construction et la réhabilitation des infrastructures scolaires.
Malheureusement, la CENCO dit avoir constaté que jusqu’au moment de la rentrée scolaire 2021-2022, aucune de ces recommandations n’a été suffisamment prise en compte par le Gouvernement.
Dans ce même message, elle souligne que la situation qui prévaut actuellement dans les écoles conventionnées catholiques relève uniquement de la « responsabilité du Gouvernement et non des enseignants des Ecoles Conventionnées Catholiques ».
La CENCO noté en outre que la gratuité est un droit constitutionnel; elle est donc irréversible et non négociable. Mais seulement cela n’est possible que si « les réformes nécessaires se mettent en place et les moyens financiers conséquents les accompagnent ».
« Il est hors de question que la gratuite de l’enseignement de base repose sur l’exploitation des enseignants » peut-on lire dans ce message.
Les prélats catholiques invitent à cet effet le gouvernement d’abandonner « les approches qui n’apportent aucune solution et que tout le monde reconnaît comme peu constructives dans la gestion de la crise actuelle ».
Il s’agit entre autre de la banalisation du déclin que connait actuellement le système éducatif, notamment dans les conditions des apprentissages (infrastructures, manuels, méthodes d’enseignement et d’évaluation) et dans la qualité de la formation dispensée; La politisation du mouvement de grève actuelle qui ne découle que du sous-financement de l’éducation, d’un manque de redevabilité de ses dirigeants et non du refus de la gratuité par le réseau conventionné catholique; les intimidations et les menaces envers les enseignants qui ne réclament que leurs droits; la désactivation abusive d’écoles et d’enseignants qui fonctionnent régulièrement.
En dépit de tout, la CENCO se dit toujours disponible à accompagner la mise en oeuvre effective et réaliste de la gratuité de l’enseignement de base, pour autant que le Gouvernement soit ouvert à une collaboration sincère.
Joël Diawa
