Journée nationale de la presse : journalistes et acteurs des médias appelés à conjuguer éthique, innovation et responsabilité à l’ère de l’IA
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Célébrée officiellement le 22 juillet, la Journée nationale de la presse congolaise a été commémorée ce jeudi 6 août 2026 au Musée national de la République démocratique du Congo, à travers un événement marquant organisé par l’ASBL Tribune des Femmes de Médias, en partenariat avec l’Union Nationale des Caméramans du Congo.
Placée sous le thème de l’éthique, de la déontologie et de l’innovation numérique, cette célébration a réuni des professionnels des médias, des représentants des institutions publiques ainsi que plusieurs acteurs du secteur de la communication. Les échanges ont notamment porté sur les mutations du métier de journaliste face à l’essor des réseaux sociaux, de la désinformation et de l’intelligence artificielle.
Le Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a pris part à cette célébration au cours de laquelle il a insisté sur la nécessité, pour les journalistes, de préserver la crédibilité de l’information dans un environnement médiatique de plus en plus marqué par la prolifération des fausses nouvelles.
« Ni l’intelligence artificielle, ni les réseaux sociaux ne peuvent se substituer au travail du journaliste, parce qu’il ne se limite pas à collecter l’information ; il la traite, la vérifie et l’assume avant sa diffusion. Tant qu’une information n’est pas confirmée par un média crédible, elle ne peut être considérée comme véritablement fiable », a-t-il déclaré.

Le Porte-parole du Gouvernement a également rappelé le rôle central des médias dans la préservation de la paix, de la cohésion nationale et de l’intégrité territoriale, particulièrement dans le contexte sécuritaire actuel, marqué par l’agression rwandaise et la guerre informationnelle qui l’accompagne.
« Nous faisons face à une forme de guerre informationnelle. C’est pourquoi nous comptons sur le professionnalisme des journalistes pour que les médias congolais demeurent des vecteurs d’informations vraies, vérifiées et porteuses du récit national positif, au service de l’unité et du développement de notre pays », a souligné Patrick Muyaya.
Pour le Président de l’Union Nationale des Caméramans du Congo, le thème retenu pour cette édition reflète pleinement les défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les professionnels de l’audiovisuel.
« Jamais les médias n’ont disposé d’autant d’outils technologiques pour informer le public. Jamais non plus la circulation de la désinformation, des manipulations numériques et des contenus non vérifiés n’a constitué un défi aussi important pour notre profession », a rappelé Merlin Kamalandua.

Le responsable de l’Union Nationale des Caméramans du Congo a, par ailleurs, insisté sur l’importance de la formation continue des professionnels des médias afin de leur permettre de s’adapter aux nouvelles technologies sans perdre de vue les fondamentaux du métier.
« Face à cette réalité, il devient impératif de renforcer les capacités des professionnels des médias afin qu’ils puissent maîtriser les nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle, tout en restant fidèles aux principes fondamentaux de l’éthique et de la déontologie journalistiques. Pour les cameramen, ces mutations représentent autant d’opportunités que de responsabilités. Nous sommes les premiers témoins des événements qui façonnent l’histoire de notre pays. Derrière chaque image diffusée se trouve un professionnel qui prend parfois d’énormes risques pour informer la population avec objectivité et professionnalisme. »

De son côté, la Présidente de l’ASBL Tribune des Femmes de Médias, Rachel Shako, a salué l’engagement des autorités publiques en faveur du rapprochement entre les institutions et les professionnels des médias. Elle a toutefois appelé à une presse davantage responsable et respectueuse des règles professionnelles.
« Aucune machine ne remplacera la conscience professionnelle, aucune intelligence artificielle ne remplacera l’éthique et aucun algorithme ne remplacera la responsabilité humaine. Le journaliste de demain doit être moderne, rapide et connecté, mais aussi rigoureux, vérificateur et indépendant », a-t-elle affirmé.

Au terme de cette célébration, un constat s’est imposé : la révolution numérique transforme profondément le paysage médiatique congolais, mais elle ne remet pas en cause les fondamentaux du journalisme. Au contraire, face à la vitesse de circulation de l’information et à la montée des contenus générés ou manipulés par les nouvelles technologies, la vérification, l’indépendance, l’éthique et la responsabilité apparaissent plus que jamais comme les principaux remparts contre la désinformation.
Entre innovation technologique et exigences professionnelles, le défi pour la presse congolaise est désormais de se réinventer sans perdre son identité. Car à l’ère de l’intelligence artificielle, la valeur du journaliste ne réside plus seulement dans sa capacité à transmettre rapidement une information, mais surtout dans son aptitude à la vérifier, la contextualiser et en répondre devant le public.
Joël Diawa
