30 avril 2026

Investiture des membres de la CENI : Félix Tshisekedi franchit la ligne rouge tracée par Moïse Katumbi

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Rédaction :+243817406088

Le président de la République a pris ce vendredi 22 octobre, l’ordonnance portant désignation des nouveaux membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, en remplacement de l’équipe sortante qui était dirigée par Corneille Naanga.

Dans un message de 5 minutes 34 secondes lu à la télévision nationale, Félix Tshisekedi a rappelé le processus tel que commencé de la désignation des candidats par les composantes, qui selon lui, differe de celui ayant conduit à la désignation de Ronsard Malonda.

« En 2020 devant la nation je m’étais opposé à l’investiture du candidat évident de la CENI désignée, pour entrer autre les raisons ci-après: la question de l’entérinement des membres de la CENI n’était pas inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale, un seul PV désignant le président de la CENI du reste, sans soubassement, m’avait été transmis pour promulgation alors que le bureau de la CENI devait compter 13 membres; le président et les vice-présidents de la plateforme des confessions religieuses n’avaient pas sanctionné le PV de désignation par leur signature et des représentants des 2 confessions religieuses supposés avoir soutenu le candidat proposé en 2020 étaient désavoués par leurs hiérarchies tâchant ainsi la régularité du processus de désignation. Face à cette situation et en ma qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, j’avais demandé la reprise du processus enfin que le consensus soit privilégié ».

Le chef de l’État a ainsi exprimé sa satisfaction pour le processus ayant conduit à la désignation de l’équipe Kadima. Un processus régulier selon lui, voilà pourquoi il a signé l’ordonnance :

« Aujourd’hui je me réjouis donc que le processus de désignation des membres du bureau de la CENI se passe bien et de manière régulière car, en ce qui concerne notamment la désignation du président, malgré le manque de consensus, une majorité claire s’est dégagée autour d’un candidat et, conformément aux prescrits de la charte de la plateforme des confessions religieuses; non seulement l’entérinement des membres du bureau de la CENI a été inscrit à l’ordre du jour à l’Assemblée Nationale, mais aussi 12 PV sur 15 attendu ont bien été reçu examiner et entérinés par la chambre basse… Notre pays à résolument opté pour la démocratie compétitive, celle-ci a ses règles qui veulent qu’il ait des gagnants et des perdants. Nous ne pouvons pas après avoir choisi la compétition nous en soustraire…Au regard de tout ce qui précède j’ai décidé de signer l’ordonnance désignant les membres du nouveau bureau de la CENI… »

Cette ordonnance sonne donc la fin d’un processus élastique qui aura duré très longtemps, pour porter au finish une équipe du moins incomplète à la tête de la CENI. L’opposition parlementaire composée du FCC de Joseph Kabila et Lamuka du tandem Fayulu-Muzito n’a pas envoyé ses délégué. Elle conteste un processus biaisé et le manque de consensus au tour de Denis Kadima porté par 6 des 8 confessions religieuses.

Denis Kadima accusé à tord ou à raison d’être proche du président Félix Tshisekedi n’a pas fait l’humanité au sein même de l’Union Sacrée pour la Nation.

Au nombre de ces contestataires se trouve, Moïse Katumbi qui depuis un certain temps, menace de quitter la majorité parlementaire. Dans sa lettre du 18 octobre adressée au chef de l’État, le président de Ensemble pour la République a d’abord rappelé au chef de l’État les conclusions des leurs échanges pendant les consultations pour créer l’Union Sacrée:

« En ce qui concerne plus précisément les réformes institutionnelles et électorales qui déchirent actuellement la classe politique, nous avions défini comme objectif l’organisation des bonnes élections crédibles, transparentes et inclusives à fin de résorber la crise politique et instaurer une vie institutionnelle normale et durable en République Démocratique du Congo par la restauration de la confiance au niveau de la CENI et du processus électoral. Dans le souci d’éviter au pays un nouveau chaos électoral, nous avions proposé un arsenal les dispositions visant à crédibiliser la CENI en mettant l’accent sur la désignation du président de la CENI par consensus sur les candidats proposés par les confessions religieuses ».

Le chairman a aussi déploré le fait de vouloir imposer des personnes controversées à la tête de la centrale électorale, qui selon lui, met en péril la cohésion nationale :

« Alors que nous nous approchons des prochaines échéances électorales, les mêmes méthodes dénoncées hier pour imposer à la tête de la CENI un homme politique controversée ont repris. La contestation a gagné institutions. démonstration est faite qu’une poignée des compatriotes autrepassent les textes de loi pour assurer leur maintien au pouvoir. Leur attitude met gravement en péril la cohésion nationale. J’en appelle à votre sagesse afin de ne pas jeter le pays dans le nouveau déchirement aux conséquences funestes pour l’ensemble du peuple congolais ».

Il a enfin invité le chef de l’État a ne pas investir ces nouveaux animateurs de la CENI comme ce fut le cas avec Ronsard Malonda:

« Hier, vous avez rester une première fois et à juste titre une première liste non consensuelle. Nul ne peut envisager un seul instant qu’aujourd’hui vous puissiez avaliser le travail partisan d’une commission paritaire contester au risque de jeter sur la CENI Intel voile de suspicion qu’il lui sera impossible d’accomplir sa mission d’organiser, en toute indépendance neutralité, et impartialité des scrutins libres, démocratiques, transparents et inclusifs. Là où l’Assemblée Nationale a échoué, il vous revient de forger cet indispensable consensus, seule voie à même de garantir un cycle électoral apaisé ».

Malheureusement le président Tshisekedi a réservé une fin de non recevoir à cet appel de l’homme de Kashobwe.

Cette position du chef de l’État est considérée dans le camp de Katumbi comme « une ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir ».

Ensemble de Moïse Katumbi avait déjà menacé de quitter l’Union Sacrée si la loi Tshiani était programmée pour la session de septembre à l’Assemblée Nationale. Cette menace avait fait écho et Christophe Mboso, président de cette chambre parlementaire avait décidé de ne pas aligner l’examen de ce projet de loi; mais une deuxième menace de Kutumbi n’a sûrement pas ébranlée Félix Tshisekedi.

Selon certaines sources de infos-droitshumains.net proches de Ensemble pour la République, Moïse Katumbi aurait lancé des consultations au sein de son parti politique, Ensemble pour la République afin décider s’il faudra continuer à l’Union Sacrée ou quitter.

La décision est donc attendue dans les tous prochains jours…

Affaire à suivre…

Joël Diawa

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