1 mai 2026

RDC: Vital Kamerhe à la Primature! Une chimère ou une réalité qui prend corps?(Chronique de Joël Diawa)

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Depuis qu’il a bénéficié de la liberté provisoire, Vial Kamerhe est plus que pressenti Premier-Ministre. Dans les couloirs Politiques, son nom est cité avec insistance comme le successeur de Jean-Michel Sama Lukonde.

Sauver le bilan de Tshisekedi?

L’accord de Nairobi qui du moins, n’a jamais été appliqué, prévoyait que Vital Kamerhe soit le Premier-Ministre de Félix Tshisekedi, si, ce dernier remportait la présidentielle de 2018. Plus de trois ans après, le Président de l’Union pour la Nation Congolaise n’a été qu’un bref directeur de cabinet de son allié.

Félix Tshisekedi et son gouvernement dit des warriors, font actuellement face aux évidences de plusieurs ratés de leur bilan qu’il conviendra coûte que coûte défendre d’ici aux scrutins de 2023 pour espérer briguer un second mandat. Conscient des ratés de sa gouvernance sur plusieurs plans, le chef de l’État se trouve devant une montagne à déplacer.

Comme Premier ministre, Vital Kamerhe devrait rafistoler l’action gouvernementale débridée depuis Sylvestre Ilunga Ilunkamba jusqu’à Jean-Michel Sama Lukonde. Convaincant et intelligent politiquement, L’ancien speecker de l’Assemblée Nationale (2007-2009) a la costume pour le faire, comme l’avait reconnu le Président de la République:

«Je continue à croire que Vital Kamerhe est non seulement quelqu’un sérieux, de correct, mais en plus, quelqu’un dont la République a besoin, Grâce à son intelligence, grâce à son expérience. Et je suis convaincu, qu’il jouera à nouveau un rôle dans ce pays», répondait Félix Tshisekedi à une question des journalistes à Bunia.

Pas de barrière judiciaire

«La loi est clair, lorsque vous êtes condamnés pour les faits de corruption ou de détournement des deniers publics, vous ne pouvez assumer certaines fonctions au pays. Au stade actuel, les préventions mises en charge de Vital Kamerhe demeurent telles. La condamnation demeure, parce-qu’il est appelé encore à comparaître devant son juge naturel. Dire qu’il peut ou ne pas être Premier-Ministre, il faudra attendre que la justice se prononce sur son cas», a laissé entendre Maître Bazin Pembe.

Un avis contredit par Maître Victor Ebenya Molongi pour qui, au stade actuel, Vital Kamerhe est primaturable pour le simple fait que le jugement le condamnant n’est pas irrévocable:

«… du fait que cette décision là du premier degré du TGI/Gombe est frappé par d’appel, elle n’est en encore irrévocable, le prévenu Vital Kamerhe bénéficie encore de la présomption d’innocence. Du fait qu’il bénéficie de la présomption d’innocence, il n’y a sur le plan juridique, aucun motif qui peut l’écarter, il peut être nommé comme Premier-Ministre», a-t-il indiqué.

Après la décision de la Cour de Cassation qui a cassé avec renvoi l’arrêt de la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe condamnant cet ancien Directeur de Cabinet du Chef de l’État à 13 ans de servitude pénale, le verdict du juge de première instance redevient d’application, mais frappé par un appel rappelle le coordonnateur de l’Asbl Droit Plus.

«On revient avec la condamnation de 20 ans du premier degré, mais cette décision du Tribunal de Grande Instance, n’est pas exécutoire au stade actuel, parce-que, il y a un acte d’Appel. Du fait que le prévenu Kamerhe a interjeté appel contre cette décision qui avait été rendue, cette dernière ne saura pas être exécutée».

Au cas où, les rumeurs faisant état de la nomination de Vital Kamerhe venaient à se confirmer, deux conséquences majeurs s’en suivront sur son dossier devant les instances judiciaires, conclu Maître Victor Ebenya Molongi.

«Primo, Un Premier-Ministre bénéficie de ce qu’on appelle les privilèges de juridiction. Son juge c’est la Cour Constitutionnelle. Si on doit le poursuivre, ce n’est pas au Tribunal de Grande Instance, ni devant la Cour d’Appel» ;

«Secundo, s’il faut le mettre en accusation, il va bénéficier des immunités des poursuites. Il faut obtenir d’abord l’autorisation du parlement réuni en congrès. Dans ce cas, il y aura des conséquences sur le procès en cours. Le juge d’Appel ne saura plus continuer sa démarche parce-que Vital Kamerhe sera justiciable d’avant la Cour Constitutionnelle. Mais pour les faits commis en dehors de l’exercice de ces fonctions, comme c’est le cas, la loi dit qu’on va sursoir, attendre jusqu’à ce qu’Il va quitter cette fonction là», a conclu Maître Victor Ebenya Molongi.

Un obstacle géopolitique s’y oppose!

Si aucune contrainte politique, moins encore judiciaire n’empêcherait le natif de Walungu a briguer la Primature, la configuration géopolitique de l’actuel pouvoir devrait être un obstacle majeur devant lui estiment certains analystes politiques.

Avec Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat (originaire du Sud-Kivu), toute nomination de Kamerhe dans des hautes fonctions devient hypothétique voire géopolitiquement conflictuelle. En raison de son appartenance à une même province que le président du Sénat, Kamerhe ne devrait donc pas espérer à la Primature.

Reste à savoir si le Président de la République, à qui revient la dernière décision, va opter pour Vital Kamerhe pour les quelques mois qui lui restent dans ce premier quinquennat, car, les enjeux sont tels que, se passer de lui, semble très difficile au stade actuel. Un véritable dilemme cornélien qui ne devra pas mettre Félix Tshisekedi dans une situation incontournable.

Joël Diawa

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