Dialogue national : Patrick Muyaya assure que le processus est « désormais irréversible » et exclut toute impunité
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La question du dialogue national et inclusif s’est retrouvée au cœur des échanges, mercredi 16 septembre 2026, au Centre interdiocésain de Kinshasa. À l’occasion de la deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix, la Commission épiscopale Justice et Paix de la CENCO a réuni autour d’un même panel plusieurs sensibilités de la classe politique congolaise afin de réfléchir aux enjeux, aux perspectives et aux conditions de ce processus.
Parmi les intervenants figuraient Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, Martin Fayulu, acteur politique de l’opposition, ainsi que Marie-Ange Mushobekwa, actrice politique et ancienne ministre. Cette confrontation de points de vue s’inscrivait dans une volonté de créer un espace de réflexion pluraliste autour du dialogue annoncé par le Président de la République.

Prenant la parole, Patrick Muyaya a replacé le processus dans la perspective tracée par le discours présidentiel du 27 août dernier et les mesures prises depuis lors. Selon lui, cette dynamique est désormais engagée de manière irréversible.
« La dynamique du processus est désormais irréversible », a-t-il déclaré, estimant que le dialogue doit permettre de poser les bases d’un Congo davantage tourné vers la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.
Le porte-parole du gouvernement a rappelé que le Chef de l’État avait fixé, à travers son discours, le cadre d’un dialogue destiné à répondre aux défis structurels auxquels fait face la République démocratique du Congo.
Patrick Muyaya a également insisté sur la nécessité d’une décrispation du climat politique. Il a soutenu que le processus doit permettre la participation de compatriotes qui, « pour diverses raisons », se sont retrouvés en marge de l’unité nationale.
Mais cette ouverture, selon lui, ne devrait pas être synonyme d’effacement des responsabilités liées aux violences ou aux préjudices subis.
« Ce dialogue ne consacrera pas non plus l’impunité », a-t-il martelé.
Le ministre a ainsi posé ce qu’il considère comme un double impératif : créer les conditions permettant à ceux qui renoncent sincèrement à la violence de retrouver le chemin de la paix, tout en garantissant justice et réparation aux victimes.

Dans son intervention, Patrick Muyaya a également défendu une démarche allant « de la base vers le sommet ». L’objectif affiché est de permettre aux Congolais, à différents niveaux, d’examiner de manière globale les difficultés auxquelles le pays est confronté et de faire émerger des réponses susceptibles de contribuer à une sortie durable de crise.
Cette orientation intervient alors que les consultations et les préparatifs du dialogue national occupent une place croissante dans l’agenda politique congolais. Le 14 septembre, le Président Félix Tshisekedi avait encore réuni les responsables de plusieurs institutions autour des priorités nationales et des enjeux du dialogue.
La rencontre organisée par la CENCO a ainsi offert une tribune où des sensibilités politiques différentes ont pu confronter leurs lectures du processus. Au-delà des divergences sur son format et ses modalités, les échanges ont placé au centre du débat les questions de participation, de paix, de justice, de cohésion nationale et de refondation de l’État.
Pour Patrick Muyaya, l’enjeu consiste désormais à faire du dialogue un cadre permettant d’aborder de manière exhaustive les défis de la République démocratique du Congo, tout en conciliant recherche de la paix et exigence de justice.
Joël Diawa
