Tripaix/Gombe : des sanctions doivent tomber après une »pyromanie judiciaire » dans l’affaire Professeur Masamba
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Le séisme judiciaire provoqué par le jugement rendu au Tribunal de Paix de Kinshasa/Gombe continue de secouer l’opinion publique, les milieux judiciaires, les analystes politiques ainsi que les praticiens du droit. Depuis le vendredi 15 mai 2026, date à laquelle le juge Crispin Ngandu a rendu son verdict dans l’affaire opposant les sociétés du groupe Dan Gertler au Professeur Roger Masamba Makela, l’indignation ne cesse de grandir. Beaucoup parlent désormais d’un « naufrage judiciaire » et d’un « précédent dangereux » pour l’État de droit en RDC.
Au cœur de la controverse : la condamnation du Professeur Roger Masamba Makela à douze mois de servitude pénale principale, malgré plusieurs évidences juridiques jugés déterminantes par de nombreux observateurs.
Selon plusieurs juristes, le professeur, en sa qualité de Professeur Ordinaire, devait bénéficier d’un privilège de juridiction. Plus troublant encore, l’existence d’un acte d’appel versé au dossier ainsi qu’une requête de prise à partie régulièrement signifiée au juge auraient dû empêcher le prononcé d’un tel jugement. Mais contre toute attente, le juge Crispin Ngandu est passé outre.
Pour plusieurs analystes, cette décision constitue une ligne rouge dangereusement franchie par le Tribunal de Paix de Kinshasa/Gombe.
« Que cache le silence assourdissant des autorités judiciaires ? Sont-elles complices, spectatrices ou simplement dépassées par cette dérive ? », s’interroge un juriste consterné.
« Hiérarchie judiciaire, êtes-vous réellement satisfaite de la manière dont le Tribunal de Paix de Kinshasa/Gombe distribue la justice aujourd’hui ? », lance un autre analyste.
« Jusqu’à présent, l’opinion publique ne comprend toujours pas pourquoi aucune sanction n’a été prise contre le juge Crispin Ngandu », déplore un avocat.
Dans les couloirs judiciaires, le malaise est palpable. Certaines autorités judiciaires, après lecture du jugement, n’ont pas caché leur colère.
« Parfois, c’est devenu honteux de porter la robe noire », aurait lâché une haute personnalité judiciaire, furieuse.
Une autre voix influente renchérit :
« On peut atteindre un objectif, mais au moins avec méthode, élégance et respect du droit. Ici, tout ressemble à une exécution judiciaire. »
Pendant ce temps, la confiance des justiciables envers cette juridiction s’effondre dangereusement. Beaucoup redoutent désormais une justice instrumentalisée, où les décisions seraient dictées non par le droit, mais par des intérêts occultes.
Ce feuilleton judiciaire, considéré par certains comme l’un des épisodes les plus sombres de ces dernières années, vient également fragiliser les efforts affichés par le Chef de l’État en faveur de l’instauration d’un véritable État de droit en République démocratique du Congo.
Et comme si le scandale ne suffisait pas, plusieurs sources proches du dossier affirment avec insistance que les sociétés du Groupe Dan Gertler auraient discrètement approché le Professeur Roger Masamba afin de solliciter un arrangement à l’amiable, après avoir obtenu sa condamnation dans des conditions jugées frauduleuses et profondément contestables.
Pour de nombreux observateurs, cette démarche soulève une question explosive : pourquoi rechercher un compromis après avoir obtenu une condamnation aussi pyromane ?
« Lorsqu’une justice devient un instrument de pression, elle cesse d’être la justice. Elle devient une arme », analyse un juriste.
Arrangement à l’amiable ou non, une partie de l’opinion estime désormais que des sanctions sévères doivent être prises contre tous les auteurs de ce que plusieurs qualifient déjà de “pyromanie judiciaire”.
Car au-delà du cas Masamba, c’est désormais la crédibilité même de la justice congolaise qui se retrouve au banc des accusés.
La Rédaction
