22 avril 2026

Kinshasa : le Procureur de la république Marie-Claire Ruhamya inspecte les “amigos” de Mont-Ngafula et rappelle les OPJ à leurs obligations légales

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Cette descente avait pour objectif principal de palper du doigt les conditions de détention dans les “amigos” et d’évaluer le travail des Officiers de Police Judiciaire (OPJ), acteurs essentiels dans la chaîne pénale.

Accompagnée de plusieurs magistrats de son office, dont une forte représentation féminine, la Cheffe du Parquet a visité les installations du commissariat, notamment les lieux de détention, avant d’échanger avec certains détenus ainsi qu’avec les commissaires des différents Ciats et sous-Ciats relevant de ce commissariat urbain.

Cette visite a permis d’identifier certaines failles dans l’exercice des fonctions des OPJ, notamment dans la tenue des registres, la requalification juridique des faits et le respect strict des règles encadrant la garde à vue.

Dans son intervention, la Procureure de la République a rappelé l’importance du rôle des OPJ dans la manifestation de la vérité et le bon fonctionnement de la justice.

« Nous sommes ici au Commissariat urbain de Mont-Ngafula en notre qualité d’officier du Ministère public parce que nous voulions procéder à une inspection des amigos, ce qui fait partie des attributions du Ministère public en dehors de son office », a déclaré Marie-Claire Ruhamya.

Elle a par ailleurs expliqué que cette mission visait surtout à confronter la pratique quotidienne aux exigences de la loi :

« Aujourd’hui nous sommes descendus pour palper du doigt les réalités qui sont sur terrain. Il est vrai que nous communiquons régulièrement avec les OPJ à travers les réquisitions et les inspections organisées, mais en tant que Cheffe d’Office, j’ai voulu moi-même procéder à cet exercice obligatoire pour apprécier concrètement la situation », a-t-elle précisé.

Au cours des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer la qualité du travail d’enquête et de garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables.

Parmi les difficultés relevées figure la requalification des infractions. Constatant que certains OPJ éprouvent des difficultés à qualifier juridiquement les faits faute de documentation appropriée, Madame le Procureur de la République a remis à chaque Ciat et sous-Ciat un exemplaire du Code pénal, afin de renforcer leurs capacités juridiques.

« Il y a des petites failles que nous avons découvertes dans l’exercice des fonctions des OPJ. Nous avons donc tenu à revenir sur les principes légaux qui régissent leur travail, notamment la manière de mener les enquêtes, de requalifier les faits et de respecter les exigences légales relatives à la garde à vue », a-t-elle souligné tout en insistant sur le rôle stratégique des OPJ dans le fonctionnement du système judiciaire.

« Les OPJ sont les yeux et les oreilles du Ministère public. À ce titre, il est important qu’ils sentent qu’ils sont suivis et encadrés dans leur prestation quotidienne. »

Cette inspection s’inscrit également dans le contexte du mois de mars, consacré à la promotion et à la défense des droits des femmes, donnant ainsi une dimension symbolique à cette activité menée par une équipe majoritairement composée de femmes magistrates.

« C’est une inspection de routine, mais organisée au mois de mars, dédié à la défense des droits des femmes. Elle s’inscrit aussi dans le cadre des activités de cette célébration », a expliqué Madame Marie-Claire Ruhamya.

Au-delà de son caractère routinier, cette initiative traduit la volonté du parquet de renforcer la discipline judiciaire, d’améliorer la qualité des enquêtes et de garantir une justice plus respectueuse des droits humains. En veillant à la régularité des gardes à vue, à la bonne tenue des registres et à la qualification correcte des infractions, ces inspections contribuent à prévenir les abus, à protéger les libertés individuelles et à renforcer la crédibilité de l’institution judiciaire.

Madame le Procureur de la République a d’ailleurs annoncé que cette démarche ne se limitera pas au seul commissariat urabain de Mont-Ngafula. Elle a promis de poursuivre ces visites d’inspection dans les autres commissariats relevant du ressort du Parquet près le Tribunal de Paix de Kinshasa/Ngaliema, dans le but d’assurer une meilleure coordination entre le parquet et les services de police judiciaire. À travers cette initiative, le parquet entend réaffirmer son rôle de garant de la légalité et de la protection des droits des citoyens, piliers essentiels d’une justice équitable et efficace.

Joël Diawa

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