Kinshasa face à la “pollution visuelle” : le député provincial Jared Phanzu dépose une réforme ambitieuse pour moderniser la publicité extérieure
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Dans un contexte marqué par la multiplication des panneaux publicitaires et l’essor des supports numériques, le député provincial Jared Phanzu a déposé, jeudi 5 mars, une proposition d’édit visant à réformer la réglementation de la publicité extérieure dans la capitale congolaise. Le texte a été transmis au bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa en marge de l’ouverture de la session parlementaire de mars.
Cette initiative législative entend modifier et compléter l’Édit n°004/2007 du 28 décembre 2007, relatif à l’implantation des structures publicitaires et à l’affichage publicitaire dans la ville de Kinshasa. Selon l’élu provincial, la réglementation actuelle ne correspond plus aux réalités urbaines et technologiques de la capitale.
« Face à la pollution visuelle et à la prolifération anarchique des panneaux publicitaires dans la Ville-Province de Kinshasa, nous avons déposé ce jour notre proposition d’Édit portant réforme de la réglementation de la publicité extérieure », a déclaré le député lors du dépôt du texte.
Adopté il y a près de deux décennies, l’édit actuellement en vigueur a été conçu dans un contexte urbain et technologique très différent. Or, la capitale congolaise connaît aujourd’hui une expansion rapide, accompagnée d’une diversification des supports publicitaires.
Le parlementaire souligne notamment l’apparition de dispositifs digitaux tels que les écrans LED ou LCD, mais aussi des supports mobiles et itinérants, qui échappent parfois au cadre réglementaire existant.
« Utilisé dans un contexte urbain et technologique différent, l’actuel texte est aujourd’hui partiellement inadapté aux réalités de la ville », explique-t-il, évoquant « la croissance urbaine accélérée, l’essor du numérique et les exigences contemporaines de transparence et de gouvernance publique ».
La proposition d’édit introduit plusieurs innovations destinées à moderniser la gestion du secteur. Parmi les mesures phares figure la création d’un cadastre publicitaire numérique, un outil censé permettre aux autorités provinciales d’identifier, de localiser et de suivre l’ensemble des dispositifs publicitaires installés dans la ville.
Le texte prévoit également la numérisation des procédures d’autorisation et de contrôle, afin de renforcer la traçabilité administrative et de limiter les installations illégales.
« La réforme vise à moderniser et clarifier le cadre légal applicable au secteur de la publicité extérieure, notamment à travers l’introduction d’outils innovants tels que la mise en place d’un cadastre publicitaire numérique », précise l’initiateur du projet.
Au-delà de l’aspect esthétique et urbanistique, l’enjeu est aussi financier pour la province de Kinshasa. Le texte prévoit l’instauration d’une redevance d’occupation publicitaire du domaine public provincial juridiquement sécurisée, destinée à améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Selon le député, cette réforme devrait permettre de mieux encadrer l’implantation des dispositifs publicitaires tout en renforçant la transparence administrative.
« L’objectif est de mieux encadrer l’implantation des dispositifs publicitaires, renforcer la transparence administrative et optimiser la mobilisation des recettes publiques provinciales », souligne-t-il.
La réforme ambitionne également de contribuer à la protection du paysage urbain et à la sécurité des usagers de la route, souvent confrontés à une multiplication désordonnée des panneaux publicitaires dans certains axes de la capitale.
Si elle est adoptée par Assemblée provinciale de Kinshasa, cette proposition d’édit pourrait marquer une étape importante dans la modernisation de la gouvernance urbaine et de l’économie publicitaire à Kinshasa.
Joël Diawa
