RDC : Face au ‘’Baobab’’ Tharcisse Matadiwamba, la jeunesse du Barreau s’incline. 55 ans d’une leçon d’éternité (Me Jean-Claude Kakura)
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Le Barreau congolais et l’ensemble de la communauté juridique ont vécu, ce jeudi 26 février 2026, un moment d’exception à l’occasion de la célébration des 55 ans de carrière professionnelle du Bâtonnier National Tharcisse Matadiwamba Kamba Mutu. La réception, haute en couleur et empreinte d’émotion, a réuni de nombreuses personnalités issues du Barreau, du monde politique et de divers horizons professionnels, venues rendre hommage à celui qui incarne, pour plusieurs générations, l’excellence et la constance dans l’exercice du droit en République démocratique du Congo.
Cinquante-cinq années de carrière. Un chiffre qui, au-delà de sa portée symbolique, témoigne d’une longévité exceptionnelle dans une profession exigeante, marquée par les mutations institutionnelles, les défis politiques et les transformations sociales. À travers son parcours de juriste, de Bâtonnier et d’homme engagé dans la sphère publique, le Bâtonnier Matadiwamba a contribué à façonner une certaine idée de la profession d’avocat ; celle d’un défenseur rigoureux, indépendant et profondément attaché à l’éthique.
Pour beaucoup, son itinéraire se confond presque avec l’évolution du Barreau congolais lui-même. Sa carrière, jalonnée de responsabilités et de combats professionnels, rappelle combien la constance, la discipline et l’intégrité sont les piliers d’une réputation durable.
La jeunesse du Barreau n’a pas voulu manquer ce moment historique. Elle était représentée notamment par Me Jean-Claude Kakura, Président de l’Union des Jeunes Avocats du Barreau de Kinshasa/Gombe, qui a livré une déclaration empreinte de respect et d’humilité.
« Il est un exemple de réussite dans notre profession. Nous qui sommes au début de notre carrière, c’est un grand honneur d’être conviés à pareil événement », a-t-il déclaré.
Dans une réflexion particulièrement marquante, Me Kakura a souligné la portée symbolique de ces 55 années d’exercice :
« 55 ans, ce n’est pas très loin de l’âge du Barreau congolais. 55 ans, c’est tellement loin de notre âge professionnel. »
À travers ces mots, il a exprimé le décalage entre l’enthousiasme des débuts et la maturité acquise au fil des décennies, tout en rappelant l’ampleur du chemin à parcourir pour les jeunes praticiens. Évoquant le parcours « brossé tant comme juriste, tant comme Bâtonnier, ajouté à cela comme politique », le Président de l’UJA/BKG a insisté sur la dimension exemplaire de cette trajectoire :
« Cela nous rappelle combien il nous faut être humbles, disciplinés et beaucoup apprendre pour espérer, un jour, totaliser dans notre parcours, cet âge. »
Plus qu’un hommage, l’intervention de Me Jean-Claude Kakura a pris des allures de profession de foi pour la jeune génération. Dans une époque où la rapidité et la recherche de visibilité peuvent parfois primer sur la profondeur et la rigueur, l’exemple du Bâtonnier Matadiwamba apparaît comme un appel à la patience et à la persévérance.
« C’est un moment où nous, les jeunes avocats, devrions nous taire et observer, écouter, apprendre. Cette technique d’observation est la meilleure technique d’apprentissage quand on est face à un baobab comme celui-là. »
La métaphore du « baobab » n’est pas anodine : elle renvoie à la sagesse, à la solidité et à la longévité. Face à une telle figure, l’apprentissage passe d’abord par l’écoute et le respect de l’expérience.
Au-delà de la célébration, cette commémoration ouvre une réflexion plus large sur la transmission au sein du Barreau. Les 55 ans de carrière du Bâtonnier Matadiwamba ne représentent pas seulement un accomplissement personnel ; ils constituent un patrimoine immatériel pour la profession. Dans un contexte où l’État de droit demeure un chantier permanent, l’expérience de figures emblématiques telles que lui rappelle que l’avocat n’est pas seulement un technicien du droit, mais aussi un acteur de la justice, un garant des libertés et un repère moral dans la cité.
La cérémonie du 26 février 2026 restera ainsi comme un moment de communion intergénérationnelle, un pont entre l’expérience et l’avenir, entre la mémoire et la promesse. En honorant le Bâtonnier Tharcisse Matadiwamba Kamba Mutu, le Barreau congolais a célébré bien plus qu’une carrière, il a salué un engagement, une constance et une certaine idée de la noblesse de la robe.
Joël Diawa
