Conflit d’agenda au sein des Barreaux : marche de santé ou Assemblée Générale élective, les avocats face à un choix délicat
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La journée du samedi 24 janvier 2025 s’annonce particulièrement sensible pour la communauté des avocats de la ville de Kinshasa, en raison du chevauchement de deux activités majeures organisées simultanément par différentes structures professionnelles.
D’une part, l’ASBL Avocats d’Ici et d’Ailleurs, en collaboration avec le Barreau de Kinshasa-Gombe, prévoit l’organisation d’une marche de santé. D’autre part, le Barreau de Kinshasa-Matete a officiellement annoncé la tenue de son Assemblée Générale Élective à la même date.

Avocats d’Ici et d’Ailleurs et le BKG

Barreau de Kinshasa Matete
Si, juridiquement, la tenue de chacune de ces activités ne viole aucune disposition légale, la controverse naît plutôt du chevauchement de calendrier, lequel place plusieurs avocats dans une situation inconfortable, voire conflictuelle.
En effet, la loi-cadre du Barreau rend obligatoire la participation des avocats à toutes les activités organisées par leur Ordre. Or, dans le cas sous examen, l’Assemblée Générale Élective constitue une activité statutaire, réglementaire et décisive pour la vie institutionnelle d’un Barreau.
À l’inverse, l’ASBL Avocats d’Ici et d’Ailleurs est une structure associative regroupant les avocats de l’ensemble des Barreaux de la République démocratique du Congo, y compris ceux de Kinshasa-Gombe et de Kinshasa-Matete, ainsi que des avocats de plusieurs pays étrangers.
Face à cette situation, une interrogation majeure traverse les rangs des avocats du Barreau de Kinshasa-Matete : à quelle activité doivent-ils légalement et déontologiquement prendre part ?
Cette préoccupation est largement partagée au sein de la corporation, comme en témoignent plusieurs réactions recueillies par la rédaction du Journal Télévisé des Droits Humains.
« Les Avocats d »Ici et d’ailleurs ne concernent pas seulement les Avocats du Barreau de Kinshasa-Gombe, il y ‘a aussi les Avocats d’ autres Barreaux. En ce qui me concerne, je pense que cette activité (marche de santé) est à revoir surtout qu’il y ‘aura aussi l’Assemblée Générale du Barreau de Kinshasa-Matete à la même date »,
nous a confié un membre du Conseil de l’Ordre d’un Barreau du pays.
Une position aussitôt appuyée par un confrère issu d’un Barreau de l’intérieur de la République :
« Organisé une activité à la même date que l’Assemblée Générale du Barreau de Matete pour moi constitue un moyen pour écarter les avocats d’autres barreaux comme les avocats du Barreau de Matete ».
Le débat dépasse désormais les frontières nationales. En tant qu’association à vocation internationale, l’ASBL Avocats d’Ici et d’Ailleurs suscite également des réactions parmi les avocats étrangers membres de la structure.
Un avocat du Barreau du Niger, joint par la rédaction du Journal Télévisé des Droits Humains, s’est ainsi interrogé :
« Les Avocats d’ici et d’ailleurs regorgent en son sein la multiplicité des Barreaux de la RDC, Barreaux Étrangers y compris. Nous devons faire la part des choses. Cette collaboration avec un seul Barreau de la RDC se fonde sur quoi ? »
Ces différentes prises de position mettent en lumière un malaise réel lié à la coordination des activités professionnelles, à la hiérarchie des normes internes et au respect du caractère obligatoire des activités ordinales.
Pour plusieurs observateurs avertis du monde judiciaire, la solution la plus responsable consisterait à reprogrammer ou annuler la marche de santé, afin de ne pas porter atteinte à la tenue de l’Assemblée Générale Élective, laquelle demeure une activité fondamentale, réglementaire et déterminante pour la gouvernance du Barreau de Kinshasa-Matete.
Dans un contexte où la cohésion, la solidarité et l’unité du corps des avocats demeurent essentielles, une meilleure harmonisation des calendriers apparaît plus que jamais comme une nécessité pour éviter toute fracture inutile au sein de la profession.
Merlin Kamalandua
