RDC : L’écart criant entre les engagements de l’État pour garantir la prévalence des méthodes contraceptives et la réalité sur terrain suscite des vives réactions
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À l’occasion de la célébration de la journée mondiale dédiée à la contraception célébrée ce 26 septembre 2025, le réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive est monté au créneau pour fustiger le non-respect des engagements pris par l’État congolais pour garantir la prévalence des méthodes contraceptives modernes. Après avoir passé au peigne fin les promesses faites par les décideurs, le RJSSR a fait un constat amer en ce que les objectifs sont loin d’être atteints, ce qui visiblement cause préjudice aux bénéficiaires voire aux communautés.
Bibiche Mbete, coordinatrice du réseau dénonce l’écart entre la déclaration officielle et la réalité vécue sur terrain:
« Les promesses faites par l’État congolais peinent à se réaliser et l’écart est considérable. La situation se détériore puisque le taux de prévalence contraceptive a connu une baisse. Il est passé de 18 % en 2018 (MICS) à 10,7% en 2024 (EDS 2023/2024). Pire, chez les adolescents, la prévalence contraceptive moderne est inférieure à 10% avec comme conséquence, le taux élevé des grossesses précoces et non désirées. La conséquence est que le taux de mortalité a atteint 746 décès pour 100.000 naissances vivantes. Ce taux peut être évité à la hauteur de 30% par la planification familiale. »
Quant aux engagements proprement dit, Bibiche Mbete a rappelé que la stratégie nationale de planification familiale et l’engagement FP 2030 de la RDC visaient à augmenter la prévalence contraceptive de 15,5% en 2020, à au moins 23% en 2025 avec espoir d’atteindre les 30% en 2030. La RDC a également pris l’engagement d’allouer 5 millions des $ américains des ressources nationales pour l’achat de contraceptifs ainsi que l’achat des médicaments de santé maternelle et néo natale. L’accroissement de l’accès à l’information et aux services de planification familiale figure également parmi les engagements pris. Cependant, ces engagements sont restés lettre morte et la coordinatrice du RJSSR voit d’énormes risques que courent les personnes désireuses de ces services entre autre, l’augmentation des grossesses précoces et non désirées ainsi que les avortements à risque.
Toujours au chapitre des réactions, le partenaire technique et financier MSI RDC n’est pas resté indifférent face à cette situation. Engagé pour la cause de santé de la reproduction, Marie stop international réitère sa volonté d’ accompagner la République à travers la mise en œuvre du plan stratégique multi sectoriel de planification familiale qui consiste à s’assurer que les femmes et les couples obtiennent ces services au moment voulu sans aucun obstacle, bien que plusieurs défis demeurent à relever selon le Dr Patrick Djemo:
« Les défis actuels sont liés à une situation globale. Beaucoup de gouvernements qui appuyaient notre pays ont diminué leurs financements. Et la répercussion se fait remarquer dans l’accompagnement au niveau national, provincial et dans les zones de santé. Certains coins du pays n’ont pas des bonnes informations sur la planification familiale. Parmi les défis, l’on note aussi que bien qu’elle ait été créée, la ligne budgétaire nationale est non approvisionnée. Un véritable défi à relever pour les autorités nationales. »
Tout compte fait, Il est un impératif pour la RDC de tenir ses promesses FP 20 30 pour éviter un recul dramatique et atteindre les objectifs fixés. La PF est une urgence pour sauver des vies, il est temps pour que la RDC investisse davantage dans ce secteur.
Chantal Kabasua
