30 avril 2026

Marcelin Bilomba : L’exemple atypique d’un cabinet présidentiel avili

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Rédaction :+243817406088

La tournée du Chef de l’État dans l’espace grand Kasaï est révélatrice de plusieurs abus commis par certains de ses proches. Les uns se seraient caractérisé par des détournement des deniers publics, les autres par des trafics d’influence ou encore, manque d’efficacité à accompagner le président Félix Tshisekedi à réussir son premier quinquennat.

Le cas le plus récent est celui de Marcelin Bilomba, conseiller principal au collège économie et finance à la présidence.

Il a été confié a cet économiste de l’Université de Genève, la charge de la construction des infrastructures de base au Kasaï Oriental. Ces infrastructures devaient être composées des écoles et hôpitaux à Mbuji-mayi et à Mupompa. Le coût global de ce projet s’élevait à 14 millions USD.

Une sommes exorbitant qu’Alphonse Ngoyi Kasanji a farouchement remis en cause. Le député national élu de Mbuji-mayi et ancien gouverneur de la province du Kasaï Oriental, dénonce la surfacturation et le détournement des deniers publics dans ce projet piloté par Marcelin Bilomba.

Bilomba savonne Kasanji

Après cette dénonciation, Ngoyi Kasanji a été vivement pris en parti par l’homme de l’Université de Genève. Caractérisé par des déclarations teintées de haine et d’une arrogance qui ne dit pas son nom, Bilomba n’a pas dérogé à sa règle, sans rencontrer Kasanji sur les faits :

« Ngoyi Kasanji, à peine juriste, assimilé à un juriste, diplôme d’une école parallèle. S’il veut rentrer dans la cour des grands, il doit apprendre à respecter ceux qui travaillent des procédures ; les gens qui ont l’expertise, qui ont l’expérience…Je ne peux pas me rabaisser. Je pense que Ngoyi Kasanji a détruit cette province. Il n’a aucune leçon à donner… » avait déclaré Marcelin Bilomba en réaction à la sortie médiatique de Ngoyi Kasanji.

Kabund au secours de Kasanji

Cette déclaration de l’homme de l’Université de Genève n’a visiblement pas été apprécié dans les états majors de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS. Jean-Marc Kabund-A-Kabund, président ai du parti présidentiel, a publiquement présenté ses excuses à Ngoyi Kasanji et a invité la justice à saisir la balle au bond:

« L’honorable NGOKAS qui n’a fait que son travail de contrôleur de l’action de l’exécutif mérite mieux que des insultes. Au nom de l’UDPS et au mien propre,je tiens à lui présenter des excuses et prie à la justice de se saisir de la dénonciation pour établir des responsabilités » a-t-il lâché sur son compte twitter.

Depuis un certain temps, les membres du cabinet du chef de l’État agissent comme un gouvernement parallèle en gérant des fonds publics destinés à la réalisation de certains projets qui relèvent de la compétence du gouvernement. En ont-ils le droit?

Me Victor Ebenya Molangi répond par le négatit. Le président de l’asbl Droit Plus fonde son argumentaire sur base de l’article 91 de la Constitution dispose:

« Le Gouvernement définit, en concertation avec le Président de la République, la politique de la Nation et en assume la responsabilité. Le Gouvernement conduit la politique de la nation. La défense, la sécurité et les affaires étrangères sont des domaines de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ».

Selon son interprétation de cet article, « le Gouvernement ne collabore avec le Président de la République que dans les domaines de la défense, de la sécurité et des affaires étrangères ».

Me Victor Molangi Ebenya évoque également les dispositions de l’article 93 de la même Constitution:

« Le Ministre est responsable de son département. Il applique le programme gouvernemental dans son ministère, sous la direction et la coordination du Premier Ministre ».

C’est-à-dire « en matière d’infrastructures par exemple, c’est le Ministre des Travaux Publics et Infrastructures qui en est le patron pour toute l’étendue de la République ».

Il a enfin évoqué l’article 2 de l’Ordonnance n° 09/003 du 30 janvier 2009 portant organisation et fonctionnement du Cabinet du Président de la République, telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance n° 19/008 du 05 mars 2019:

« les Conseillers du Président de la République, qui font partie intégrante de son Cabinet, n’ont pour mission que d’assister le Président de la République dans l’exercice de ses prérogatives de Chef de l’Etat, notamment en étudiant les questions qui leur sont soumises par le Président de la République et en proposant au Président de la République toute mesure jugée nécessaire ou opportune pour la bonne marche des affaires de l’Etat. Pour ce faire, la même Ordonnance impose auxdits Conseillers, le devoir de resserve et de discrétion (article 16 de l’Ordonnance précitée).

Me Victor Ebenya Molangi conclu que le Président de la République a « crée, en violation des textes juridiques en la matière, un Gouvernement parallèle, en confiant à ses Conseillers les charges qui doivent normalement revenir au Gouvernement ».

Les actes posés par certains membres du cabinet de Félix Tshisekedi sont vivement critiqués par l’opinion publique. Des voix s’élèvent pour que le premier des congolais fasse un coup de balai au sein de son cabinet.

Joël Diawa

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