25 juin 2026

La réintégration d’enfants recrutés et utilisés comme soldats, véritable défi pour la rdc

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Rédaction :+243817406088

Ce travail a été réalisé par Chantal Kabasua, avec le concours de JHR RDC.

En RDC, le manque d’une prise en charge complète dans l’encadrement des enfants sortis des groupes armés est à la base de leur retour dans des groupes armés. Les services étatiques et les organisations qui interviennent dans la prise en charge des enfants sortis des groupes armés en RDC, rencontrent beaucoup de difficultés pour assurer la totalité de cette opération.
C’est le cas de l’ONG SOFEPADI (solidarité féminine pour la paix et le développement intégral).

Sandrine Lusamba, coordinatrice nationale de SOFEPADI renseigne que les problèmes de réintégration sont bien une réalité en RDC. Elle affirme avoir géré le cas d’une fille de 14 ans en 2011, qui est sortie des groupes armés. Cette dernière, victime de viol, torture, abus sexuels, une mineure qui a eu du mal à réintégrer la société civile malgré qu’elle ait été déplacée du Kivu pour Kinshasa.

« La réinsertion n’a pas été facile », révèle Sandrine.

« Des séquelles psychologiques étaient visibles chez la fille. Comme ONG de monitoring, la SOFEPADI, dans notre rôle de prise en charge holistique des enfants ex soldats j’avoue que beaucoup de cas gérés par nous sont retournés par la suite dans les groupes armés à cause du manque du programme de réinsertion sociale totale », affirme-t-elle.

Cette thèse de séquelles mentales est également soutenue par la lizadeel (la ligue pour la zone Afrique de défense des droits des enfants et élèves) que dirige Godet kayembe. Selon cet activiste spécialisé sur les questions de l’enfant, « tant qu’il n y’aura pas une alternative efficace de la part du gouvernement de la république, les enfants démobilisés seront toujours tentés de retourner dans les groupes armés ».
A lui de poursuivre que, « la prise en charge psychologique et holistique est donc cette alternative ».

Du côté des services étatiques, le manque des moyens financiers est à la base d’une intervention partielle dans la prise en charge des cas reçus par le service de sécurité.

 » Nous avons encadré près de 1600 enfants avec nos partenaires mais, par manque de moyens financiers pour les actions tendant à leur acceptation dans la société, nous n’avons réussi qu’à réinsérer 600 dans la communauté. Pour les autres, nous avons perdu leurs traces  », révèle le Colonel Tshita du service d’éducation civique, patriotique et actions sociales des forces armées congolaises de la RDC.
Toujours selon lui, ils ont rencontré beaucoup des difficultés dans le processus de la réinsertion des enfants soldats ramenés vers le Congo central vers les années 2016-2017 pour un encadrement psychologique et holistique en vue de leur réintégration sociale.

« Fort malheureusement, ce projet s’est stoppé pour la simple et bonne cause que le moyens financiers ont fait défaut et les partenaires techniques et financiers n’ont pas pu finir en beauté leur mission. Le gouvernement Congolais ne pouvant pas faire le relais, nous avons perdu les traces d’une centaine d’enfants », regrette le Colonel Tshita.

Le gouvernement Congolais a mis en place depuis août dernier un nouveau programme Désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation DDRCS. Avec ce nouveau programme, le gouvernement Congolais croit à une amélioration dans la prise en charge d’ex enfants soldats.

Nommé par le Chef de l’Etat en date du 7 août 2021, Emmanuel Tommy Tambwe Rudima Coordonnateur de DDRSC affirme la ferme volonté de travailler pour l’intérêt de l’enfant suivant les principes et normes auxquels la RDC a souscrit.

« Tout compte fait, la problématique des difficultés de réinsertion d’enfants soldats demeure une réalité mais pas une catastrophe. Avec les moyens et la volonté politique, les enfants démobilisés sont en même de ne plus avoir le goût d’envier les groupes armés», pense-t-il.

Pour le coordonnateur national du réseau pour la réforme du secteur de sécurité, RSS, la question sur la santé mentale des enfants sortis des groupes armés occupe une place très importante pour des résultats efficaces de démobilisation des enfants. Emmanuel Kabengele plaide pour un suivi psychologique adéquat dans ce nouveau programme de démobilisation pour une meilleure réinsertion d’ex enfants soldats.

Cet activiste appelle donc l’état Congolais à se focaliser sur les interventions fortes, l’encadrement et le suivi. La mise en place d’une école de santé mentale pour les enfants démobilisés est une nécessité pour la RDC qui fait face à la recrudescence des recrutements d’enfants comme soldats dans les rangs de groupes armés ou des milices. Ne pas prendre en compte la réinsertion sociale des enfants qui abandonnent les armes, la RDC viole l’article 39 de la convention relative aux droits de l’enfant qui stipule que, « les Etats parties à la convention doivent prendre toutes les mesures appropriées pour faciliter la réadaptation physique et psychologique et la réinsertion sociale de tout enfant victime des conflits armés », conclut-il.

Chantal Kabasua

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