1 mai 2026

RDC-Covid-19: 1.764 cas de violations des droits de l’homme ont été commises sur 896 femmes et filles pendant l’état d’urgence sanitaire ( enquête de l’ACIDH)

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Rédaction :+243817406088

Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains, ACIDH, a depuis novembre 2020, initié une enquête sur les violations des droits de l’homme commises sur les femmes et filles pendant et après l’état d’urgence sanitaire proclamé pour lutter contre la propagation de la pandémie à Covid-19

Entre mars 2020 et mai 2021, cette étude qui ne s’est focalisée que sur les femmes et filles, a été menée dans les villes de Kinshasa, Matadi dans le Kongo Central et Lubumbashi dans le Haut-Katanga.

L’objectif poursuivi par l’ONG ACIDH était d’apprécier le comportement des agents de l’État, notamment les policiers, militaires et agents de l’ANR, déployés sur terrain pour faire exécuter et contrôler le respect de cette mesure de lutte contre la propagation de Covid-19; documenter les violations des droits de l’homme commises à l’encontre des femmes, des filles et d’autres personnes vulnérables et leur fournir une assistance juridique afin de mener un plaidoyer auprès des autorités compétentes pour réhabiliter les victimes dans leurs droits, notamment en termes de libération et les réparations.

Plusieurs femmes et filles ont déclaré aux enquêteurs que certains agents, ont versé dans les violences sexuelles, l’administration des coups aux personnes interpellées, la brutalité lors des interpellations, l’utilisation des menottes, la détention dans des mauvaises conditions, les menaces, les injures, le paiement forcé des sommes d’argent, le dépouillement des biens des personnes interpellées.

Sur un échantillon des 1.482 femmes et jeunes filles interviewée dans le cadre de cette enquête, 896 ont affirmé avoir été victime des violations des droits de l’homme. Au total, 1.764 cas des violations de Droits de l’Homme ont été enregistrés.

Dans la catégorie des atteintes aux biens des personnes, extorsion des biens et des sommes d’argent, l’enquête révèle que des sommes d’argent, des téléphones, des postes téléviseurs, des sacs à main, des bijoux des montres, de la marchandise à vendre auraient été ravis sans ménagement aux femmes et filles tombées dans des filets de certains agents de l’État

Au total de 18.247.900 FC et autres biens auraient été perçu par les agents de l’État, dont, 1.059.400 FC légalement, alors que 17.188.400 FC et autres biens ont été perçu par extorsion a encore révélé l’étude.

Ce comportement affiché par les agents de l’État, dénoncé par la cible, est manifestement contraire à leur mission de protéger les personnes et leurs biens; et est constitutif des actes de violations des droits de l’homme.

La finalité de l’étude étant de contribuer au changement de comportement des agents de manière à ce que, dans l’exercice de leurs fonctions, quelles qu’en soient les circonstances, les droits fondamentaux les plus légitimes des populations soient respectés. Pour se faire, l’ACIDH a souhaite que les mesures prises par les autorités soient entourées des garanties sur le respect absolu des droits fondamentaux de l’homme ; les femmes policières, militaires et agents de l’ANR soient impliqués dans des missions de contrôle ; Ces missions de contrôle, surveillance et inspection des agents envoyés sur terrain soient organisées de façon régulière et systématique ; les autorités urbaines s’assurent de la bonne exécution des décisions par les agents en gardant un contact franc et direct avec la population ; les autorités policières, militaires et judiciaires diligentent des investigations sur les violations des droits de l’homme en marge des missions de contrôle des mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19 en RDC et que les victimes de ces actes de violations de droits de l’homme soient identifiées et rétablies dans leurs droits.

Joël Diawa

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