Election en RDC : Les candidats aux législatives n’ont toujours pas reçu les frais pour le financement de campagnes
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La campagne électorale se clôture ce lundi 18 décembre à 00h00 sur toute l’étendue de la République. Si à la présidentielle, les candidats comme Félix Tshisekedi, Martin Fauyulu ou Moïse Katumbi se sont détachés en terme de visibilité en couvrant pas moins de 50% des grandes villes de du pays, il en était pas le cas pour les autres comme par exemple Noël Tshiani, qui ont préférer préserver leurs maigres moyens estimant que les 100.000 USD déjà dépensés pour la caution étaient trop exorbitant.
A deux jours de la clôture de la campagne électorale, cette disparité des forces sur terrain est presque similaire aux législatives nationales, provinciales et au niveau local.
Certains candidats n’ont même pas encore lancé leurs campagnes électorales faute des moyens. Ils attendent désespérément le financement de leurs partis et/ou regroupements pour se lancer dans le sprint final.
« Jusqu’à présent, le parti ne nous a rien donné, on ne sait pas ou commencer et ou terminer », nous a confié un candidat député national de la circonscription de la Lukunga, membre de l’Union Sacrée. « Moi je me bats avec mes maigres moyens car, attendre l’argent de notre risque de me faire perdre inutilement du temps », a renchéri un candidat à Funa. « On se bat comme ça, mais il y a plusieurs réalités dedans. On nous dit seulement, soyez calme, battez-vous avec le peu de forces que vous avez », nous a confié un candidat au Mont-Amba
Les caciques pointés du doigt !
Certains par ailleurs, indexent les dirigeants de leurs partis. « Les vieux briscards ont décidé de se servir eux-mêmes et leurs proches au dépend de nous. Ils sont ministres en fonction, députés, mandataires publics, ils se sont déjà servi là-bas, ils viennent encore s’accaparer de ce qu’ils auraient dû nous donner, ils sont méchants et égoïstes », a dénoncé un candidat député provincial à Lemba.
« Il y a le financement qui se fait à l’informel. Tel qu’à l’ACP, le financement tient compte de l’influence du candidat au sein du parti, donc, si vous êtes moins influant, vous ne bénéficiez pas de l’enveloppe, si vous n’êtes pas non plus proche des autorités du parti, vous êtes abandonnez à votre triste sort », rapporte Me. Victor Ebenya Molongi, coordonnateur de l’Asbl Droit Plus.
Cette situation ne prévaut pas seulement au sein de l’Union Sacrée ; les candidats de l’opposition vivent également le même calvaire. A la question de savoir s’il a reçu le financement, « Jusque là, le regroupement ne nous pas encore donné des moyens pour la campagne, on se sait quoi faire », nous a répondu un candidat membre du regroupement Alternance, proche de Moïse Katumbi. « Moi je me bas seul », a brièvement indiqué un candidat du Nouvel Élan.
Face à ce dilemme, d’autres candidats a qui certains partis « mallettes » ont vendu du vent, ont carrément décidé d’abandonner les ambitions.
« Moi je ne voulais même pas postuler, c’est mon amis qui m’avait dit que leur parti était à la recherche des candidats députés nationaux et provinciaux. On nous a fait croire que le Président de notre parti avait des entrées faciles à la présidence, c’est un parti sur lequel le Chef de l’État comptait beaucoup et qu’on allait prendra en charge et la caution, et notre campagne. Maintenant, ni le Président, moins encore le SG, personne ne nous décroche téléphone », a dénoncé le membre d’un parti de l’Union Sacrée, candidat député national à Tshangu.
Une tenue hypothétique des élections ?
Cette situation peut se justifier par le scepticisme qu’avaient certaines personnes quant à la tenue des élections ce 20 décembre au regard de toutes les situations ayant caractérisées le processus. « Beaucoup doutaient de la tenue des élections ; alors on disait si on donnait de l’argent aux candidats, c’est comme si on le jetait par la fenêtre », confie le mandataire d’un regroupement politique.
Selon les autres, l’argent dépensé pour la caution a vidé toutes les caisses des partis et regroupements politiques. « Avant le seuil, il y a des partis qui ne pouvaient aligner que 20 candidats, mais aujourd’hui, vous êtes obligés d’en avoir 300 ou 500 ; et payer la caution pour tous ces candidats n’est pas facile. C’est ce qui justifie aujourd’hui que le fait que les caisses des partis et regroupements soient vidées », a-t-il poursuivi.
« Avec la problématique de seuil, les partis ont dû recourir à n’importe qui porte atteindre le seuil de recevabilité, il y a des gens qui n’ont pas un poids politique, mais appelés seulement pour le besoin de la cause. Maintenant, ils hésitent à leur financer», analyse Me. Victor Ebenya, coordonnateur de l’Asbl Droit Plus.
L’expérience rend-il sage ?
Outre le doute qui a plané au tour de la tenue des élections, il y a également la jurisprudence qui peut justifier la position de leaders politiques à ne pas financer leurs états-majors pour la campagne.
Lors des cycles électoraux précédents, les partis et regroupements politiques ont pris soin de financer la campagne de leurs membres mais, certains candidats malins, sachant qu’ils n’avaient pas la chance d’être élus, ont préféré investir cet argent de campagne à autre chose, au finish, des partis et regroupements se sont retrouvés perdants.
Les candidats qui ont battu campagne avec leurs propres moyens espèrent en vain voir leurs moyens déployés être remboursés, mais il n’y a qu’une infime change que cela aboutisse.
Joël Diawa
