Nouvelle loi électorale : On a pris quelques dispositions, on a changé la tournure, la forme par rapport à leurs calculs. La dénonciation ferme de Paul Kabeya Mukenge

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De son examen au parlement jusqu’à sa promulgation, la nouvelle loi électorale ne fait aucune unanimité au sein de la classe politique tout comme au niveau de la société civile. Interrogé à ce sujet, Paul Kabeya Mukenge, secrétaire exécutif du réseau d’Organisations des Droits Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne(RODHECIC), estime que dans la forme, la nouvelle loi électorale n’a pas subi une évaluation profonde en amont pour sa réforme.

« Nous n’adhérons pas à cette démarche qui, à notre humble avis, était biaisée. Une réforme électorale doit être une résultante d’une très bonne évaluation qui fait allusion à toutes les parties prenantes. Celle-ci n’a pas été faite. Les observateurs électoraux que nous sommes et des partis politiques ont relevé des problèmes qu’il faut corriger. Mais ceux-là n’ont pas pris en compte par la nouvelle loi », a dénoncé Paul Kabeya Mukenge.

A en croire le secrétaire exécutif du RODHECIC, le législateur a tendance « à réduire la question de la réforme à quelques dispositions tendancieuses » pour les intérêts des gens qui, à son avis, «qui sont dans un régime de conflit d’intérêt».

« On a pris quelques dispositions, on a changé la tournure, la forme par rapport à leurs calculs et nous avons cette loi. C’est ce que nous déplorons », a-t-il poursuivi.

Du point de vu fond, Paul Kabeya Mukenge épingle quelques couacs figurant dans cette nouvelle loi.

« Il y a une disposition qui parle du seuil. Ce seuil, on le veut en amont. C’est-à-dire un parti politique ou un regroupement politique doit réunir 60% lors de la compétition des candidats. Il est clair qu’on aura des candidatures fantaisistes. Et parce que quand on a 50% des femmes dans des listes, je peux aussi charger ma liste pour ne pas payer la caution comme le dit la loi. La disposition 47 qui évoque le vote manuel, semi-électronique ou électronique paraît floue comme dans l’ancien temps. Tous ces concepts voudraient dire seulement qu’on veut justifier le vote avec la machine à voter. Publication des résultats bureau de vote par bureau n’est pas une question pertinente. Ce sont des décors politiciens qui nous amènent dans tous les sens. On va l’expérimenter et vous verrez que certains vont crier toujours la tricherie », a-t-il conclu.

Cette nouvelle loi promulguée le 5 juillet dernier par le président Félix-Antoine Tshisekedi, apporte neuf innovations qui touchent généralement à la transparence des opérations de vote, au mode de scrutin et à la certification des résultats.

AM

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