Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu : le portrait d’un magistrat, syndicaliste et homme de lettres qui a tiré sa révérence.
Rédaction: +243 817 406 088
Né le 5 janvier 1954 à Lubumbashi, Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu est décédé le 24 août 2026 à l’âge de 72 ans. Magistrat de carrière, juriste d’entreprise, acteur de la Conférence nationale souveraine, défenseur de l’indépendance de la Justice et homme de lettres, l’illustre disparu laisse derrière lui un parcours riche, marqué par son engagement au service du droit et de la société congolaise.
La République démocratique du Congo vient de perdre une figure dont le parcours aura traversé plusieurs périodes importantes de l’histoire judiciaire et institutionnelle du pays. Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu aura consacré une grande partie de sa vie au droit, à la magistrature et à la défense des valeurs liées à l’indépendance de la Justice.
Son parcours dans la magistrature commence à prendre une dimension particulièrement importante au début des années 1990. Entre 1993 et 1997, il exerce successivement les fonctions de Procureur de la République près les Parquets de Kinshasa/Matete et de Kinshasa/Gombe.
Au cours de l’année 1997, il poursuit son ascension dans la magistrature. De février à juin 1997, il est nommé Avocat Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, avant d’exercer, de juin à septembre 1997, les fonctions d’Avocat Général près la Cour de Sûreté de l’État, fonctions qu’il abandonne le 4 septembre 1997.
Après cette période, Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu s’oriente momentanément vers le secteur privé. De 1997 à 2000, il œuvre comme juriste d’entreprise et consultant-administrateur. Il poursuit ensuite son parcours dans le monde de l’entreprise comme Conseiller juridique de 2000 à 2002, puis comme Directeur juridique de 2002 à 2004.
Son attachement à la Justice finit toutefois par le ramener au sein de la magistrature. De 2004 à mai 2006, il retrouve les fonctions d’Avocat Général près la Cour de Sûreté de l’État.
À partir de mai 2006, il est nommé Avocat Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, fonction qu’il exercera jusqu’en 2009.
Son expérience et sa connaissance des réalités du corps judiciaire lui valent également d’être appelé à siéger au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature. Il est ainsi membre élu du Conseil Supérieur de la Magistrature depuis le 2 septembre 2006, participant de cette manière à la vie et à la gouvernance de la magistrature congolaise.
Au-delà de ses fonctions judiciaires, Jean Berchmans Mukenge s’est également illustré par son engagement syndical.
Il figure parmi les membres fondateurs du Syndicat Autonome des Magistrats du Zaïre (SYNAMAZ), mis en place en 1990 avec notamment pour ambition de lutter en faveur de l’indépendance de la Justice et de promouvoir les intérêts des magistrats.
Il en sera le Trésorier national de 1990 à 1996, contribuant ainsi à la structuration et à l’affirmation de cette organisation dans le paysage judiciaire de l’époque.
Cet engagement syndical témoigne d’une conviction profonde, celle d’une magistrature capable d’exercer ses missions avec indépendance, responsabilité et dignité.
Son parcours ne s’est pas limité aux prétoires et aux institutions judiciaires.
Il a également pris part à la Conférence nationale souveraine de 1991 à 1992, période majeure de l’histoire politique et institutionnelle du Zaïre.
Il y exerce la responsabilité de Rapporteur général de la Commission de l’Éthique, fonction particulièrement significative au regard des débats qui traversaient alors la société zaïroise autour de la gouvernance, des valeurs publiques et de la refondation de l’État.
Cette expérience vient compléter le portrait d’un juriste qui aura évolué au croisement du droit, des institutions et des grandes mutations de son époque.
Derrière la rigueur du magistrat et du juriste se cachait également une sensibilité littéraire.
Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu fut lauréat du Concours national de poésie organisé en 1974 par l’Union des écrivains zaïrois, devenue aujourd’hui l’Union des écrivains congolais.
Il était également membre de l’Union des écrivains zaïrois.
Cette distinction révèle une autre facette de sa personnalité, celle d’un homme pour qui le droit et la littérature pouvaient se rejoindre dans la recherche de la vérité, de la justice et de l’expression des valeurs humaines.
Même après sa carrière dans la magistrature, Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu n’a pas cessé de mettre son expertise juridique au service des institutions et des entreprises.
Jusqu’avant son décès, il exerçait comme juriste d’entreprise au sein du groupe HJ, où il assumait également les fonctions de Directeur Général Délégué de HJ Hospitals.
Avec la disparition de Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu, le monde judiciaire congolais perd un professionnel dont la trajectoire aura été particulièrement dense.
De la magistrature au syndicalisme judiciaire, des travaux de la Conférence nationale souveraine à la pratique du droit des entreprises, son parcours témoigne d’un engagement constant dans les affaires publiques et professionnelles.
À travers les différentes responsabilités assumées au cours de sa vie, il aura marqué plusieurs générations de juristes et de magistrats.
Jean Berchmans Mukenge Bisumbule Buntontu s’est éteint à 72 ans, mais son parcours, lui, demeure comme une page importante de l’histoire de la magistrature et du droit en République démocratique du Congo.
La Rédaction
