TGI/Kalamu : le Président Mannex Mubengaïe Bukasa place la tierce opposition au cœur de la protection des droits des tiers
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Le nouveau président du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu a officiellement pris ses fonctions après le renouvellement de son serment. Au cours de l’audience solennelle, tenue mardi 1er septembre 2026, Mannex Mubengaïe Bukasa a choisi de mettre en lumière la tierce opposition, qu’il présente comme un mécanisme essentiel de protection des droits des personnes étrangères à un procès.
Conformément aux dispositions de l’article 5 de la loi organique n° 06/020 du 10 octobre 2006 portant statut des magistrats, le nouveau chef de juridiction a renouvelé son serment statutaire avant son entrée officielle en fonctions. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs autorités politiques et judiciaires ainsi que de différentes personnalités invitées à cet effet.
Après le réquisitoire du ministère public présentant le récipiendaire, Mannex Mubengaïe Bukasa a été invité à renouveler solennellement son serment, réaffirmant ainsi son engagement à exercer ses nouvelles responsabilités dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des exigences attachées à la fonction judiciaire.
Dans son allocution, le nouveau président du TGI de Kinshasa/Kalamu a d’abord rappelé la portée profonde du serment judiciaire.
Pour lui, celui-ci ne saurait être réduit à une formalité protocolaire. « Le serment n’est ni une simple formule sacramentelle, ni un exercice protocolaire dépourvu de portée. Il est l’engagement solennel pris devant la Nation », a-t-il déclaré.

Mannex Mubengaïe Bukasa a insisté sur la responsabilité qui accompagne la fonction de magistrat, estimant que celui-ci doit faire de la loi son guide, de l’impartialité sa règle de conduite et de la protection des droits une exigence permanente.
« Le magistrat n’est donc pas propriétaire de la justice. Il en est le dépositaire. Il n’exerce pas une puissance personnelle. Il exerce une mission républicaine », a-t-il souligné.
Une conception de la fonction judiciaire qui, selon lui, impose au magistrat de mesurer la portée de chacune de ses décisions. « La grandeur de la fonction judiciaire ne réside pas dans le pouvoir de décider, mais dans la responsabilité de décider justement », a-t-il poursuivi.
Cette responsabilité prend, à ses yeux, une dimension particulière dans la relation entre la justice et le citoyen. Chaque décision rendue constitue, d’une certaine manière, une épreuve de la confiance du citoyen dans l’État de droit.
Le nouveau chef de juridiction en appelle ainsi à une justice « indépendante sans être arbitraire, ferme sans être brutale, impartiale sans être indifférente, et humaine sans jamais cesser d’être rigoureuse ».
Pour son discours inaugural, le président Mannex Mubengaïe Bukasa a choisi de développer une question essentiellement juridique : « La tierce opposition : une garantie juridictionnelle de la protection des droits du tiers ».
Un choix qui traduit une préoccupation fondamentale à savoir, comment préserver les droits d’une personne qui n’a pas été partie prenante à un procès alors qu’une décision judiciaire est susceptible de lui porter préjudice ?
Le nouveau président du TGI de Kinshasa/Kalamu rappelle que le Code de procédure civile congolais permet à celui qui subit un préjudice dans ses droits du fait d’un jugement auquel ni lui ni ceux qu’il représente n’ont été appelés de former tierce opposition.
À travers ce mécanisme, explique-t-il, le droit reconnaît qu’une décision de justice ne peut devenir un instrument d’injustice à l’égard d’une personne demeurée étrangère au procès.
« L’autorité de la chose jugée ne saurait être transformée en instrument d’injustice à l’égard de celui qui est demeuré étranger au procès. Il ne faut cependant pas voir dans la tierce opposition une négation de l’autorité de la chose jugée. Bien au contraire. La sécurité juridique exige que les décisions de justice puissent, à un moment donné, acquérir stabilité et autorité », a-t-il fait valoir.

Pour lui, l’enjeu consiste donc moins à opposer l’autorité de la chose jugée à la protection des droits qu’à rechercher un équilibre entre ces deux exigences fondamentales de l’État de droit.
Au-delà de la technique procédurale, Mannex Mubengaïe Bukasa voit dans la tierce opposition une véritable invitation adressée au juge à approfondir sa conception de l’office judiciaire.
« Le juge n’est pas seulement celui qui tranche. Il est celui qui examine avant d’imposer sa décision », a-t-il déclaré.
Cette affirmation replace le justiciable au centre du fonctionnement de la justice. Pour le nouveau président, la personne qui comparaît devant le juge ne saurait être réduite à un simple numéro de dossier car souligne-t-il, « derrière chaque demande en justice se trouve une attente. Derrière chaque recours se trouve l’espoir que le droit puisse rétablir un équilibre rompu. »

Avec sa prise de fonctions, le nouveau président du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu entame un nouveau chapitre de sa carrière judiciaire, dans un contexte où la justice est appelée à renforcer davantage la confiance des citoyens dans les institutions.
À la tête du TGI de Kinshasa/Kalamu, Mannex Mubengaïe Bukasa sera ainsi confronté à de nouveaux défis notamment, assurer une justice rigoureuse et impartiale, garantir le respect des droits des justiciables et contribuer à consolider la confiance dans l’institution judiciaire.
Son discours inaugural aura, en tout cas, posé une ligne directrice claire : l’autorité de la justice ne peut être pleinement reconnue que lorsqu’elle demeure au service du droit, de l’équité et de la protection effective des droits de chacun.
Joël Diawa
