Refus de comparution de Joseph Kabila au procès Chebeya-Bazana : La demande était légitime, mais le refus est rationnel selon Me. Arlette Odia
Rédaction:+243817406088
Le président de la haute cour militaire a, par un jugement avant dire droit rendu ce mercredi 19 janvier dans le cadre du procès du double assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, rejeté la demande de comparution de Joseph Kabila comme renseignant telle que formulée par les parties civiles.
Pour Me Arlette Odia, la demande des parties civiles était légitime, mais le refus du président de la haute cour militaire est rationnel :
« La demande des parties civiles sollicitant de la cour, la comparution de l’ancien président de la République Joseph Kabila est légitime, parce-que, dans un procès, chacune des parties a besoin d’exploiter les éléments en sa disposition en vue de convaincre le juge. Mais pour notre part le rejet de cette demande par la haute cour militaire et aussi rationnel. Elle vient suivre l’argumentaire de l’officier du ministère public. Déjà au moment où Paul Mwilambwe faisait ses dépositions, l’auditeur général avait relevé qu’il y avait des incohérences dans la manière de présenter les faits. Cela nous paraît rationnel aussi parce-que, l’ancien président de la République Joseph Kabila bénéficie d’une certaine présomption d’homme correct ».
A la question de savoir si une main noire serait derrière cette démarche des parties civiles maître Arlette Odia n’a pas bronché tout en jetant des fleurs à la haute cour pour sa dextérité:
« Des procès comme celle-là ne peuvent pas manquer de main noire. Il y a toujours des tireurs des ficelles, mais jusqu’ici la cour a quand même montré sa rationalité, non seulement sur la demande la comparution de Joseph Kabila, mais aussi sur le déroulement du procès dans son ensemble. Vous avez vu la cour accéder à chacune des demandes telles que formulées par les parties au procès. Les juges essaie de se mettre au-dessus des intentions des manigances des tireurs des ficelles ».
En dépit de la légitimité de cette demande, la présidente exécutive du Collectif pour le Développement et l’Unité du Congo « CDUC » qui soupçonne certains pesanteurs politiques derrière cette démarche visant à faire comparaître l’ancien président, invite en outre les parties civiles à ne pas aller au dos de la cuillère si elles veulent aller jusqu’au bout de leur démarche :
« Vous allez voir que les mobiles poursuivi par les parties civiles vise à faire juger le président Joseph Kabila. Cela paraît légitime. Mais il ne faut pas se servir de la cour pour faire comparaître l’ancien président Joseph Kabila. Il faut initier une action principale contre lui. Même si après, on se rend compte que tous les éléments du dossier sont là, les incriminations faites contre sa personne ne convainquent même pas l’auditorat général » a-t-elle indiqué.
Le président de la haute cour militaire qui a rejeté la demande des parties sans en donnant les motivations a dit user de son pouvoir discrétionnaire. Il a par ailleurs annoncé le début des plaidoiries dès le 26 janvier prochain.
Joël Diawa
