23 janvier 2026

RDC : L’ACAJ salue le maintien des filles enceintes dans le système éducatif  et en appelle à l’appropriation pour une école plus inclusive, plus équitable et respectueuse des droits humains.

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Cette association de défense des Droits de l’Homme qui salue la décision du Gouvernement congolais, appelle par ailleurs à une définition des mesures d’accompagnement idoines.

« Cette mesure courageuse et progressiste marque un tournant décisif dans le combat en faveur de l’égalité́ des chances et de la dignité́ des filles en ce qu’elle s’inscrit respectivement dans le respect du droit à l’éducation, garanti par l’article 43 de la Constitution de la RDC, de la loi sur la protection de l’enfant, ainsi que de tous les instruments internationaux pertinents auxquels notre pays a souscrit, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant », lit-on dans un communiqué de presse dont la copie est parvenue à la rédaction du Journal Télévisé des droits Humains.

Face aux multiples défis sociaux et culturels qui marginalisent ‘’injustement’’ les jeunes filles en situation de grossesse, l’ACAJ souligne que leur maintien à l’école représente « une avancée fondamentale pour briser le spectre de la discrimination, de l’exclusion sociale et de la fragilité́ dans lesquelles se retrouvent les filles victimes de grossesse, souvent non désirées ».

Au demeurant, l’ACAJ relève que cette décision qu’elle qualifie d’ ‘’historique’’ et de ‘’responsable’’ du Gouvernement ne pourrait être effective et pleinement assumée sans une stratégie d’implémentation claire et inclusive en phase avec les exigences juridiques et sociales y relatives.

De ce fait, elle formule quelques recommandations notamment, la définition des directives non équivoques et accessibles à tous les é établissements scolaires, publics comme privés, pour garantir l’application obligatoire et uniforme de ladite mesure ; la formation et la sensibilisation des chefs d’établissements, des enseignants, des élèves et des communautés éducationnelles aux fins de lutter contre la stigmatisation et la discrimination à l’égard des jeunes filles en situation de grossesse ; la mise en place d’un monitoring et une veille permanente en vue de prévenir les abus, les pressions sociales ou les sanctions déguisées à l’égard des élèves concernées.

Elle propose en outre le renforcement des services de soutien psycho-social, sanitaire et juridique dans les milieux scolaires pour accompagner les jeunes filles tout au long de leur parcours éducatif ou encore, l’implication des parents, des organisations de la société́ civile et des leaders communautaires dans le processus pour favoriser l’acceptation sociale et la responsabilisation collective.

En raison du fait qu’aucune fille ne devrait être contrainte à un choix cornélien entre l’école et sa maternité́ et qu’une grossesse ne doit jamais être considérée comme une condamnation à l’échec, mais une raison de redoubler de solidarité́ à l’égard des filles victimes, l’ACAJ appelle l’ensemble des acteurs du secteur éducatif et les partenaires nationaux et internationaux à ‘’s’approprier’’ cette réforme essentielle pour une école plus inclusive, plus équitable et respectueuse des droits humains.

Notons que cette mesure du Ministère de l’éducation nationale ne fait pas l’unanimité au sein de la société. La Conférence Nationale Episcopale du Congo, (CENCO), à travers la Commission Episcopale pour l’Education Chrétienne, et la Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques l’ont rejeté en bloc. Un refus justifié par la moralité et la discipline de l’élève en matière de mœurs.

Joël Diawa

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