Fracture au sommet de la Justice : Le CSM et le Vice-ministre désavouent Constant Mutamba
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Le lundi 9 juin dernier, une importante rencontre s’est tenue entre le bureau du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) et les représentants du ministère de la Justice. Ce cadre de concertation a mis en lumière une crise profonde au sein du système judiciaire congolais, cristallisée autour du ministre de la Justice, Constant Mutamba.
Des libérations jugées illégales sous les feux des critiques
Le CSM a exprimé de vives inquiétudes quant à la situation sécuritaire à Kinshasa, qu’il attribue en partie à la politique de désengorgement des prisons initiée par le ministre Mutamba. Les magistrats dénoncent une série d’arrêtés ministériels ayant conduit, selon eux, à des libérations conditionnelles irrégulières, échappant aux règles de procédure.
Certains des bénéficiaires de ces mesures seraient, toujours selon le CSM, des récidivistes bien connus des services judiciaires, dont plusieurs seraient déjà retournés à leurs activités criminelles.
Le Vice-ministre prend ses distances
Le Vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba Kabuya, s’est pour sa part démarqué des choix opérés par son ministre. Il a désavoué certaines réformes, notamment celles touchant à la composition du CSM, en dénonçant l’introduction de membres non-magistrats dans une institution censée garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Affichant sa volonté de redonner un souffle crédible à la réforme du secteur, Samuel Mbemba a proposé la mise en place d’une commission restreinte. Celle-ci aurait pour mission de revisiter les résolutions issues des États généraux de la Justice de 2015 et 2024.
Un ministre de plus en plus isolé
Face à la montée des critiques concordantes du CSM et de son propre adjoint, Constant Mutamba apparaît affaibli et politiquement isolé. Certains analystes estiment que sa position devient de plus en plus intenable, au point que plusieurs acteurs institutionnels considèrent déjà son départ comme une question de temps.
La Rédaction
