Proces d’Olivier Mpunga: 17 choses qui disculpent le Colonel Bruno Mopepe
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Depuis l’annonce de la mort de Olivier Mpunga, survenue dans les locaux de la Direction générale des Renseignements Généraux et des Services Spéciaux de la Police Nationale Congolaise, DGRSP, et l’apparition dans les réseaux sociaux des vidéos de scènes de tortures lui infligés par des éléments de police dudit service, des voix se sont élevées pour exprimer une indignation générale. Le Chef du Gouvernement, Jean Michel Sama Lukonde a instruit le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et la Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et garde des sceaux, pour que les auteurs de ces actes soient jugés et condamnés.
C’est dans ce contexte précis que la Cour Militaire de Gombe a organisé dès le lundi 20 décembre dernier, un procès en procédure de flagrance retransmis en direct sur la chaine de télévision nationale, contre le Colonel Bruno Mopepe, Chef du Département des opérations, le Capitaine Morgan, le Commissaire Nzita, l’officier de police judiciaire qui a auditionné l’infortuné, ainsi que le brigadier Diamasimbi, auteur des tortures.
Après trois jours d’instruction menée par la Cour militaire de Gombe, les évidences suivantes se profilent :
- Accusé de vol de véhicule, Olivier Mpunga a été conduit dans les locaux de la DGRPS, après y avoir été acheminé par sa victime, M. Simon Inkamba vers 22 heures.
- Après en avoir informé le Colonel Mopepe qui était souffrant chez lui à la maison, ce dernier l’a orienté auprès de l’OPJ de permanence qui est la personne habilitée à traiter tous les cas nocturnes et en faire rapport aux autorités le matin.
- Olivier Mpunga sera trouvé mort dans le cachot de la DGRPS le matin du 17 décembre 2021, alors que pendant l’instruction, l’Opj Nzita et le brigadier Diamasimbi ont reconnu que le Colonel Bruno Mopepe n’était pas au courant des évènements qui se sont déroulés, en son absence la nuit de la mort de l’infortuné, dans le bureau de l’Opj Nzita. Il n’a été informé de la mort de l’infortuné que le matin sur appel téléphonique de son collègue, le Colonel Gerry.
- A son arrivée à la DGRPS, le colonel Mopepe a trouvé sur les lieux la Police scientifique était à l’œuvre et avait déjà tracé la scène du crime, ainsi que le Magistrat Eto du parquet de grande instance de Gombe. C’est ce dernier qui a ordonné la levée du corps de l’infortuné pour être conduit à la morgue.
- L’opj Nzita a présenté à ses chefs un rapport indiquant que M. Olivier Mpunga se serait suicidé et en appui, une scène de suicide avait été grossièrement montée dans le cachot avec le corps de l’infortuné placé dans une scène de pendaison.
- Le procès-verbal d’audition de l’infortuné n’était signé ni par l’Opj lui-même, ni par l’infortuné dont il a été mentionné « refus de signer ».Quant à l’Opj Nzita lui-même, il a soutenu qu’il était fatigué la nuit et entendait le signer le matin. Mais l’annonce de la mort de l’infortuné l’a mis dans un état émotif qu’il a oublié de signer.
- La plainte de Monsieur Inkamba a été présentée à la réception par l’Opj Nzita le matin du 17 décembre, pendant que l’infortuné était déjà mort. Il a justifié sa démarche par le fait que la plainte lui est parvenue le 16 décembre pendant que la réception était fermée, et son enregistrement le matin du 17 était fait à des fins administratives.
- Le Colonel Bruno Mopepe n’a pris connaissances des images des tortures infligées à l’infortuné, pour la première fois, dans le bureau du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa Gombe. C’est alors qu’il a procédé à l’arrestation de l’Opj Nzita, du brigadier Diasimbi auteur des tortures, du receleur tandis que le chef de poste de l’Amigo, Ntumba est en fuite.
- Le brigadier Diasimbi a reconnu avoir administré des coups à l’infortuné pour le « grimacer » afin qu’il dise où se trouvait la voiture. Il a également affirmé l’avoir fait sur instigation du plaignant Simon Inkamba qui aurait remis 100 USD à l’Opj Nzita.
- La Police scientifique a établit un rapport qui exclut l’hypothèse d’une pendaison, telle que soutenue par l’Opj Nzita et les images projetées attestent que l’infortuné a été bel et bien torturé par le brigadier Diasimbi et un autre policier non autrement identifié.
- Le brigadier a affirmé que c’est Simon Inkamba qui a filmé la scène des tortures infligées à l’infortuné.
- Dans sa déposition devant la Cour militaire, le Général Awashango, Directeur des Renseignements généraux de la Police nationale a déclaré avoir donné l’ordre au Colonel Gerry d’interdire toute sortie et entrée dans les locaux de la DGRPS, et au Colonel Mopepe d’acheminer tout le monde au parquet.
- Le colonel Mopepe a acheminé au parquet, l’Opj Nzita, le receleur, la voiture, tandis que la plaignant Inkamba s’en est rendu avec son conseil en homme libre, étant donné qu’il était plaignant dans le dossier à transmettre au parquet.
- L’officier du ministère public a requis l’autopsie et on attend le résultat.
- Le capitaine Morgan avait auditionné instruit la plainte faite par le receleur du véhicule gagé par l’infortuné. Vu la connexité, il a transmis son dossier à l’opj Nzita.
- D’ores et déjà, les dépositions et aveux de l’Opj Nzita et du brigadier Diasimbi démontrent qu’ils ont agi de leur propre gré et sur instigation du plaignant qui leur avait remis 100 USD.
- De même, ils ont également reconnu avoir caché au colonel Bruno Mopepe leur forfait en lui présentant un rapport indiquant que c’était une pendaison.
En attendant la poursuite de l’audience ce vendredi 24 décembre, ces éléments nous ont permis à l’opinion de se forger une idée sur ce qui s’est réellement passé. A la lumière de tout ce qui précède, il est évident que le colonel Bruno Mopepe n’y est pour rien dans cette affaire, sa culpabilité ne peut donc pas établie.
Merlin Kamalandua
