Journée internationale des femmes juges : Dans la magistrature congolaise, la femme reste sous représentée aux postes de direction (Chronique de Joël Diawa)
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Le 10 mars, l’univers célèbre la journée internationale des femmes juges. Pour cette année, « Plus de femmes juges pour une meilleure justice » a été retenu comme thème de célébration. Si l’égalité dans le système judiciaire a été historiquement déséquilibrée, des mesures sont prises pour y remédier, comme en témoigne l’adoption à Doha au Qatar par l’Assemblée générale des Nations Unies du 10 mars comme Journée internationale des femmes juges.
Plusieurs études révèlent que malgré l’engagement accru des femmes dans la vie publique, elles demeurent nettement sous-représentées aux postes de décision. Et relativement peu de femmes occupent des fonctions de juge, à tous les niveaux de la magistrature et en particulier dans la haute magistrature.
La représentation des femmes dans le système judiciaire est essentielle pour garantir que les Cours et Tribunaux représentent leurs citoyens, répondent à leurs préoccupations et rendent des jugements éclairés. Par leur simple présence, les femmes juges renforcent la légitimité des tribunaux, en envoyant le signal fort qu’ils sont ouverts et accessibles à ceux qui cherchent à obtenir justice.
L’entrée des femmes juges dans des espaces dont elles avaient été historiquement exclues est une étape positive en vue d’un système judiciaire perçu comme étant plus transparent, plus inclusif et plus représentatif des personnes dont il affecte la vie.
Cette entrée est sans nul doute la concrétisation de l’égalité des sexes car la représentation des femmes dans le système judiciaire est importante pour de nombreuses raisons. En plus de garantir que le système juridique est développé en tenant compte de l’ensemble de la société, elle inspire la prochaine génération et les incite à atteindre leurs objectifs.
Une étude du Réseau mondial pour l’intégrité de la justice indique que ‘’les femmes dans le système judiciaire sont des agents du changement et contribuent à une plus grande responsabilisation de ce système’’.
Les femmes juges apportent une perspective et des expériences différentes, qui renforcent le système judiciaire. Les femmes dans des positions de responsabilités contribuent à perturber les réseaux de collusions, et de ce fait, à diminuer la corruption.
En investissant dans l’avancement des femmes dans le système judiciaire, notamment à des postes de responsabilités, l’on peut contribuer à faire en sorte que la justice soit mieux servie et que les femmes et tous les membres de nos sociétés soient traités avec équité et égalité devant la loi, pour le plus grand bénéfice de tous.
En République Démocratique du Congo, il se dégage un nombre considérable des femmes dans des Cours et Tribunaux ainsi qu’aux Parquets y rattachés. En outre, les femmes occupent des postes de responsabilité. Au siège, en commençant par le Conseil d’Etat qui est présidé par une femme, il y a également la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/N’djili, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Kalamu, le Tribunal de Grande Instance de Kipushi dans le Haut-Katanga qui sont présidés par des femmes. Nous avons également les tribunaux de paix de Kinshasa Lemba, Pont Kasa-Vubu et Matete qui ont des femmes à la tête.
Au parquet par contre, il n’y peu des femmes qui occupent les postes de direction. Sur l’ensemble de Kinshasa, il n’y a que les parquets près les tribunaux de paix de Kinshasa Ngaliema, et Pont Kasa-Vubu qui ont des femmes comme Cheffes d’offices des parquets.
Au regard des statistiques, il y a une nette amélioration qu’il y a quelques années, mais il est évident que la femme est encore sous représentée dans les postes de direction au sein de l’appareil judiciaire. Celles qui ont été nommé se distinguent par un savoir-faire incontestable et un esprit d’innovation créatrice perpétuelle. Le Chef de l’Etat en sa qualité de champion de ma masculinité positive devra donc s’engager à donner encore plus des responsabilités à la femme au sein de l’appareil judiciaire afin de lutter d’avantage contre les inégalités et la discrimination.
Joël Diawa
