RDC: La juge Mamy Kalonji Mbuyi en insécurité et vie en clandestinité
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Alors que le chef de l’État Félix Tshisekedi va de l’indépendance de la justice son cheval de bataille, il existe encore des personnes malintentionnées qui s’adonnent à des pratiques d’instrumentalisation de l’appareil judiciaire et aux intimidations contre les juges. Mamy Kalonji Mbuyi fait partie des victimes de ces pratiques d’une autre époque.
Rappel des faits
Tout est partie du dossier enrôlé en date du 10 mai 2021, sous le numéro RP 27.575 au tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe. Un dossier qui opposait la partie civile Jean-Claude Muyambo et consorts à Kalev Mutond, ancien administrateur directeur général de l’Agence Nationale de Renseignements, ANR, accusé pour torture corporelle, tentative d’assassinat, traitement cruel, inhumain et dégradant; faits commis pendant l’exercice de ses fonctions.
Le dossier est confié à la chambre 1 avec comme présidente, de la composition, la Juge Mamy Kalonji Mbuyi.

A la première audience le prévenu Kalev Mutond n’a pas comparu personnellement, ses avocats ont sollicité une remise à deux semaines avec promesse ferme de faire comparaître leur client.
Guidée par le sens élevé de professionnalisme et une impartialité inouïe, la juge Mamy Kalonji Mbuyi, présidente de la composition, a accédé à cette requête et a accordé une remise à deux semaines pour permettre au cité, Kalev Mutond de comparaître personnellement.
Lors de la deuxième audience, le tribunal constate une fois de plus l’absence de Kalev, en dépit de la promesse de ses avocats. Le tribunal va demander aux avocats de kalev de se retirer de la barre au motif que les faits pour lequel est poursuivi leur client, est punissable de plus de deux ans.
Dynamique et sereine la composition et sa présidente retiennent le défaut en charge de kalev Mutond pour n’avoir pas comparu et demande à ses avocats de se retirer de la bar. Ils finiront par se retirer.
Intimidations et menaces de mort
Séance tenante, le ministère public soulève un préalable sur la forme. Pour l’organe de la loi, le TGI Gombe doit se déclarer incompétent pour juger l’ancien administrateur général de l’ANR au regard de son statut. « Kalev Mutond est justiciable devant la cour d’appel » argumente le ministre public. Un moyen rejeté par la partie civile. Le tribunal avait alors pris ces moyens en délibéré pour rendre son jugement avant dire droit.
« Depuis ce temps là, Mamy Kalonji Mbuyi, présidente de la chambre était devenue victime des pressions, intimidations et menace de mort » nous a confié une source sous le sceau de l’anonymat.
« Des personnes non autrement identifiées ont voulu extorquer les contacts Mamy Kalonji au près de la greffière alors que le dossier était pris en délibéré » a poursuivi la même source.
Après examen de l’affaire, le tribunal a estimé que le moyen soulevé par le ministère public était fondé. En date du 21 mai 2021, le tribunal a rendu son jugement avant dire droit, se déclarant incompétent à juger l’ancien administrateur directeur général de l’Agence Nationale des Renseignements.
En dépit de ce verdict qui vraisemblablement a fait les affaires de Kalev Mutond, des menaces à l’encontre de Mamy Kalonji Mbuyi qui présidait la composition avec brio, n’ont pas cessés.
Elle continuait à recevoir des appels des numéros masquer avec des propos du genre » Madame tu tenais à ce que Kalev se présente au tribunal pour l’humilier, Tu crois être le premier juge du TGI Gombe ? Attends on va te montrer tu ne représentes rien » nous a confié l’un des membres de la famille de la juge Mamy Kalonji.
Alors que l’Avant Dire Droit était déjà rendu, et les avocats de la partie civile n’étant pas content de ce verdict, sont aussi allés en appel, l’on ne comprends pas que la juge Mamy Kalonji Mbuyi continue d’être la cible de ces personnes malintentionnées.
Outre ces menaces téléphoniques, Mamy Kalonji à été visité plus de deux fois dans son domicile par des bandits à mains armés.
Un congé pour se reconstituer, bascule la situation
Déstabilisée par cette situation, et se sentant toujours en insécurité, Mamy Kalonji Mbuyi a sollicité auprès de sa hiérarchie, un congé, de façon à se déstresser et se reconstituer. En juillet dernier, après avoir épuisé son temps de congé, alors qu’elle s’apprêtait à reprendre du service au tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe, Mamy Kalonji Mbuyi sera surprise d’être notifiée qu’elle ne pouvait plus exercer au TGI Gombe et qu’elle était affectée comme juge pour enfant au tribunal pour enfants de Kinkole. Cette décision du conseil supérieur de la magistrature de juillet 2021 portant affectation des magistrats concernait ceux ayant été affecté avant 2018. Mamy Kalonji Mbuyi n’a été affecté au TGI Gombe qu’en 2018. La dite décision ne devait en principe pas la concerner, mais par malice des personnes qui ne cherchaient que sa tête, cela est arrivé.
Dans ce lot s’est également retrouvé son collègue au nom de Tshisuaka qui, selon nos câbles bien introduits au TGI Gombe, avait siégé elle dans ce dossier dossier sensible qui concernait Kalev Mutond.
Bien avant cette décision injuste et injustifiée, Mamy Kalonji Mbuyi avait été informé par certains de ses collègues que pour avoir prétendument voulu humilié un proche collaborateur de l’ancien chef d’État Joseph Kabila, un coup se préparait contre elle et que ses jours restaient à compter au bout des doigts au TGI Gombe.
Du TGI Gombe au tribunal pour enfants Kinkole, doit-on être tenté de dire que c’était une cabale qui se préparait contre Mamy Kalonji ?
Insécurité permanente des juges congolais
La juge Mamy Kalonji Mbuyi faisait partie des juges les plus considérés au TGI Gombe, au regard de sa détermination à dire le vrai droit. Ce qui faisait qu’elle soit à chaque fois désignée membre de compositions dans des dossier sensible comme celui-ci ou encore, le procès 100 jours dans le volet saut-de-mouton qui a opposé le ministère public à David Blattner, directeur général de safricas.

Deux éminents juges ont perdu leurs vie lors de ces deux dernières années après avoir été aussi victimes des menaces et intimidations tout simplement pour avoir dit le bon droit. Il s’agit des Juges Raphaël Yanyi mort en plein procès de 100 jours qui mettait en cause Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du chef de l’État ou encore le juge Jhon Boto décédé lui aussi, dans des circonstances obscures.
Pour l’instant, Kalev Mutond, ayant œuvré pendant longtemps à l’agence de renseignement, a toujours une main mise sur ce service de renseignement. Il continue à-travers ses acolytes, à instrumentaliser la l’appareil judiciaire en cherchant à faire taire les juges qui sont déterminés à dire le bon droit. Pour mettre sa vie à l’abri, Mamy Kalonji Mbuyi elle, a décidé elle, de vivre en clandestinité.
Merlin Kamalandua
