Avortements clandestins: l’un des facteurs qui expose la femme et la jeune fille à plusieurs risques en RDC
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Ce travail a été réalisé par Chantal Kabasua du Réseau des Journalistes pour la santé Sexuelle et Reproductive, RJSSR, avec l’appui de IPAS RDC.
Par manque des connaissances ou volontairement, plusieurs femmes recourent à l’interruption volontaire de la grossesse en usant des moyens moins sécurisant qui mettent en péril leur santé . Généralement, certaines femmes arrivent auprès du prestataire des soins de santé juste pour que ce dernier constate l’interruption et fasse le de nettoyage de la cavité utérine en recourant à la méthode de curetage.
En effet , le curetage est une méthode médico chirurgicale qui consiste à extraire de manière très simple une substance contenue à l’intérieur de la cavité utérine de la femme , elle se fait au moyen de la curette .
» Mon ami m’a connue sexuellement , deux mois après , je n’ai pas vu mes règles . Lui, craignant la grossesse, s’est précipité dans une pharmacie pour m’acheter des médicaments . Malgré le refus du pharmacien de lui vendre ce qu’il cherchait , il a finit par le convaincre et ce dernier lui a vendu des médicaments que j’ ai par la suite prit sans en connaître le motif . Trois jours après la prise, j ai commencé à saigner abondamment . Arrivé à l’hôpital avec ma mère et mon oncle , j ai passé une échographie . il s est avéré que j’avais avorté et qu’il fallait que l’on me fasse le curetage pour nettoyer et extraire les débris ». ce témoignage est de Grâce, jeune fille âgée de 14 ans , engrossée par Papy , âgé lui de 17 ans .
les propos de grâce révèlent que, de part son âge , elle a été victime d’un viol et d’un avortement clandestin avec comme conséquence , le curetage et plusieures femmes ou jeunes filles se retrouvent dans cette situation pour diverses raisons. Mais, la question est celle de savoir si cette méthode de curetage est elle d’actualité ou pas ?
Le curetage est une méthode révolue qui n’est plus d’actualité à cause de ses conséquences néfastes sur la santé physique voire mentale de la femme de l’avis du Docteur Delphin Katchelewa de l’association pour le bien être familial et naissances désirables, Abfnd. selon cet expert en santé sexuelle et reproductive, plusieurs conséquences fâcheuses résultent de cette technique telles que, « la perforation utérine , les blessures , la stérilité secondaire » pour ne citer que celles là.
Le docteur Delphin soutient par ailleurs qu’avec l’avènement du protocole de Maputo, instrument juridique régional ratifié par la RDC, « les femmes peuvent être assurées de la bonne prise en charge qui passe notamment par le recours à la seringue de calmar qui consiste à aspirer la grossesse sans passer par le curetage ».
Qu’en est-il du cadre légal des avortements en RDC?
Interrogé à propos , Me Brady Bilala de IPAS RDC affirme que « l’avortement demeure un fait infractionnel en Droit positif congolais et les auteurs ou complices risquent une peine allant de 5 à 15 ans de servitude pénale principale » selon les articles 165 et 166 du code pénal congolais.
Toute fois , la brèche est ouverte avec la ratification par la RDC du protocole de Maputo portant droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des femmes qui consacre expressément l’avortement sécurisé selon les conditions énumérées à son article 14.2.c. Ces conditions sont constituées « d’agression sexuelle, du viol , de l’inceste ou lorsque la grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la mère ou du fœtus ».
La RDC devra donc encadrer cette permission du protocole de Maputo en adoptant des mesures qui peuvent protéger la maman et l’enfant à l’occasion d’un avortement nécessaire répondant aux conditions sus évoquées . Un avortement sécurisé auprès d’un prestataire de qualité épargne la femme à des risques qui mettraient sa vie et son avenir en danger .
Chantal Kabasua
