Surpopulation des amigos des parquets à Kinshasa : Le Procureur Général près la Cour de Cassation met le gouvernement devant ses responsabilités
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Lors de sa visite au parquet près le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu ce lundi 9 décembre, le Procureur Général près la Cour de Cassation a constaté la surpopulation de son amigo. Une situation quasiment similaire dans tous les autres parquets de la ville de Kinshasa.
Pour Firmin Mvonde, cette situation est tout à fait « normale », car elle « fait suite au fait que la République ne met pas à la disposition de la justice des maisons d’arrêt pour placer les prévenus. »
Bien que violant certaines dispositions légales en matière de détention, le numéro un de tous les magistrats du parquet semble normaliser cela au regard de la réalité :
« Nous les magistrats, nous ne pouvons pas être à la base d’une société sans prison. La majorité des personnes arrêtées sont poursuivies pour des faits de vol qualifié, de viol, d’association des malfaiteurs ; on ne peut pas les renvoyer dans la rue », a insisté le Procureur Général près la Cour de Cassation.
Cette question reste très sensible et transversale, le Procureur Mvonde a rassuré « d’en parler avec l’exécutif » afin qu’une solution définitive soit trouvée.
« …Moi je fais confiance au Chef de l’Etat qui a accepté de nous accompagner dans tous nos programmes…, des instructions seront certainement données au gouvernement », a-t-il souligné.
Cette situation de surpopulation dans les amigos est la conséquence de la mesure prise par le Ministre de la justice portant interdiction de transférer les détenus préventifs à la prison de Makala. A l’absence des maisons d’arrêts qui auraient dues accueillir les détenus préventifs, les parquets se voient dans l’obligation de les garder de manière prolongée jusqu’à ce qu’ils soient fixés de leurs sorts définitifs après jugement. En dépit de cette mesure prise par le Ministre de la justice, le gouvernement n’a toujours pas envisagé construire une maison d’arrêt afin de pouvoir palier à cette situation.
Joël Diawa
