18 juin 2024

RDC : Me. Jacquemain Shabani ou la consécration d’un long combat parsemé d’embûches, d’une fidélité sans faille et d’un militantisme abouti (Chronique de Joël Diawa)

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Jusqu’avant sa nomination à la tête de ce ministère, Jacquemain Shabani, était conseiller principal au cabinet du Président de la République au collège Politique et processus électoral, poste qu’il occupe depuis le mercredi 21 Décembre 2022. Ce poste stratégique l’a conduit à la Co-direction de la campagne électorale de Félix Tshisekedi. A ce titre, il a le mérite d’être artisan majeur de sa victoire écrasante à la présidentielle de décembre 2023 avec 73,34% des suffrages exprimés.

Militant de première heure au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, ce fils de Masisi dans le Nord-Kivu a intégré le parti dès ses jeunes âges. En 1997, il est nommé président sectionnaire de l’UDPS à l’Unikin, mais c’est en 2004 qu’il intégra l’exécutif national en assumant le poste de secrétaire national chargé de l’idéologie et de la formation  politique.

Ayant gravi tous les échelons il sera en 2011, nommé Secrétaire Général du parti dans un contexte électoral très critique. C’est alors que le monde connaitre sa capacité mobilisatrice avec des manifestations pacifiques cycliques devant le siège de la CENI pour réclamer la transparence du processus électorale. Ces actions de terrain lui ont valu le surnom de ‘’jeudi saint’’.

Mais son mandat au Secrétariat Général  de l’udps n’a pas été si rose, puisque combattu à l’externe tout comme à l’interne.

D’aucun se souvient de cette séquence du mardi 7 février 2012 à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa ; alors qu’il s’apprêtait à se rendre en Belgique, Jacquemain Shabani a été arrêté et passé à tabac par les services de sécurité, puis libéré quelques heures plus tard. Le régime de Joseph Kabila l’avait accusé d’être porteur de « documents inutilement subversifs et offensants », avait déclaré Lambert Mende alors porte-parole du gouvernement.

Pendant qu’il était harcelé par le pouvoir, il subissait le même sort au sein même de son parti qui l’avait demi de ses fonctions l’accusant non seulement d’avoir prétendument détourné une somme d’argent, mais aussi d’entretenir des liens obscures avec le pouvoir en place. Des accusations non-fondées qui sans aucun doute sont venues des personnes qui digéraient mal la montée fulgurante d’un jeune dans un parti aussi historique ; mais toutes ces péripéties n’ont fait qu’amplifier la détermination d’un homme politique imbu d’une bonne moralité et toujours disponible à servir son parti en tout honneur, dignité et loyauté.

En mai 2018, à l’approche des élections, Me. Jacquemain Shabani sera porté à la tête de la Commission Electorale permanante  de l’udps. En cette qualité, il mènera un projet titanesque de surveillance électorale dénommé ‘’formation en cascade de 27 0000 témoins de l’udps’’ et formera avec son équipe, les témoins dans 21 provinces du pays. Co-directeur de la centrale électorale du Cap pour le changement (CACH), il récoltera un nombre important des procès-verbaux des résultats électoraux de 2018 qui ont portés Félix Tshisekedi à la tete du pays pour la première fois.

En dépit de ses compétences et de son sens républicain indéniable, Jacquemain Shabani était contraint de rester sur le banc de touche après la prise du pouvoir par son parti au terme des élections de décembre 2018. Cela ne faisait l’ombre d’aucun doute que c’était l’un des ministrables les plus méritants, mais son différend avec la hiérarchie de son parti lui avait couté cette mise à l’écart.

Fort est de constaté qu’en dépit de son travail titanesque aux coté du Président Félix Tshisekedi, de ses compétences et de son sens républicain indéniable, il sera contraint de rester sur ‘’le banc de touche’’ vraisemblablement à cause du différend qui l’a opposé à la hiérarchie du parti. Ce différend était dû au fait qu’en légaliste, Jacquemain Shabani était à la tête d’une frange des cadres de l’UDPS qui tenaient au respect de l’article 26 des statuts du parti qui exigent la mise place d’un directoire (après la constatation de l’empêchement du Président du parti élu Chef de l’Etat) pour présider à la destinée du parti.

C’est alors  qu’il subira la flagellation de Jean-Marc Kabund, alors secrétaire Général qui cherchait à tout pris à le réduire en silence en dépit de quoi, il n’a jamais  abdiqué et a poursuivi  cette cause noble et légale jusqu’à obtenir gain de cause.

Sa nomination à la tête du ministère de l’intérieur est en fait la symbiose de tout et, le concerné reste conscient des défis qui l’attendent, il s’est engagé avec « dévotion et patriotisme » à « porter cette lourde responsabilité dans la perspective de traduire en acte la vision du Chef de l’État ».

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il est évident que Me. Jacquemain Shabani Lukoo marche sur les traces de son père, le Professeur Célestin Shabani, ancien Ministre de l’intérieur au gouvernement Etienne Tshiesekedi Wa Mulumba.

Joël Diawa

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