Présidence de l’Assemblée Nationale: Les 5 éléments qui ont concouru au choix de Kamerhe à l’Union Sacrée (Chronique de Joël Diawa)
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Le Président de l’Union pour la Nation Congolais a été plébiscité, au terme des primaires organisées ce mardi 23 avril, candidat de la coalition au pouvoir, pour briguer le perchoir de la chambre basse du parlement. Sur les 372 députés, il a obtenu 183 voix contre respectivement 113 et 69 pour Christophe Mboso et Modeste Bahati, ses deux challengers. Dans cette chronique, nous revenons sur les éléments ayant concouru au choix porté sur l’élu de Bukavu.
Allié de première heure de Félix Tshisekedi
Depuis Genève, d’aucun se rappelle qu’en 2018, quand l’opposition s’est réunie à la recherche d’un candidat commun pour faire face au candidat de la majorité de Joseph Kabila en vue des élections de décembre, seul Vital Kamerhe avait cru en Félix Tshisekedi. Cette minorité devrait faire face à deux blocs financièrement assis; d’un côté la coalition Lamuka avec la candidature de Martin Fayulu et de l’autre, le Front Commun pour le Congo qui soutenait la candidature d’Emmanuel Shadary.
L’accord de Nairobi fut conclu entre les deux hommes créant ainsi la coalition Cap pour le Changement. Avec les maigres moyens, les deux compagnons bâtirent campagne et gagnèrent l’élection contre toute attente. Pendant ce temps, les deux challengers de Kamerhe léchaient les bottes de Joseph Kabila, faisaient la queue à Kingakati et cravachaient jour et nuit pour la victoire de Shadary.
Faute de l’obtention de la majorité parlementaire par le CACH, l’accord de Nairobi ne sera pas appliqué, Vital Kamerhe ne sera ni nommé premier ministre ni désigné candidat du CACH pour la présidentielle de 2023. Celui qui est surnommé ‘’le pacificateur’’ concéda pour l’intérêt supérieur de la nation.
Une humiliation « injuste »
Malgré le fait d’avoir concédé, mettant de côté les intérêts égoïstes, Vital Kamerhe se verra coller un procès que ses partisans ont toujours qualifié « d’injustice » dans le cadre de la très célèbre affaire 100 jours. Livré à la vindicte populaire, vilipendé par l’opinion et accusé du détournement des deniers public, il sera condamné à 20 ans de servitude pénale principale, assortie d’une privation des droits civiques. Une sentence confirmée au degré d’appel. Chapelet au coup, catholique pratiquant, clamant son innocence, l’homme n’a jamais perdu confiance en soi. C’est au degré de la cassation que sa condamnation sera cassée avec renvoie. L’homme est rétabli dans ses droits et peux recouvrer aisément ses droits civiques.
À l’instar des hommes politiques célèbres comme Nelson Mandela, après la prison, Vital Kamerhe s’est vu ragaillardi politiquement et occupe dorénavant une place prépondérante dans la vie politique du pays.
Un homme qui bénéficie de la confiance totale du Chef de l’État
« Je suis totalement désolé de ce qui lui arrive, affecté aussi. Je ne l’ai (l’arrestation de Kamerhe) pas voulu contrairement à certains dires mal intentionnés…Malheureusement de fil en aiguille on en est arrivé là… Je continue à croire que Vital Kamerhe est non seulement quelqu’un de sérieux, mais en plus, quelqu’un dont, la république a besoin grâce à son intelligence et grâce à son expérience. Et je suis convaincu qu’il jouera à nouveau un rôle dans ce pays », déclarait le Président Félix Tshisekedi en 2020 alors que Kamerhe, son directeur de cabinet, était détenu à la prison centrale de Makala.
Ces mots de Félix Tshisekedi sont plus qu’évocateurs et témoignent combien il a toujours fait confiance en celui qui a été non seulement son directeur de cabinet pendant environ deux ans, mais surtout, son compagnon de lutte.
Le passé élogieux au perchoir
En 2007, au terme des premières élections démocratiques de la troisième république, Vital Kamerhe qui avait abattu un travail titanesque dans la pacification du pays, sera élu Président de l’Assemblée Nationale. L’histoire retiendra que jusqu’à présent, il reste encore le meilleur speaker que la chambre basse du parlement n’a connu. Pendant son mandat, cette chambre parlementaire était devenue un véritable temple de la démocratie ; les députés prenaient la parole sans restriction, arguments contre arguments pour que chaque congolais soit éclairé sur la gestion de la chose publique.
Malheureusement, cette aventure n’aura duré à peine deux ans puisqu’en mars 2009, il a accepté de démissionner de son poste parce que l’autorisation fut donnée aux troupes rwandaises d’entrée sur le territoire congolaise pour faire la paix sans que l’Assemblée ne soit informée. Le meilleur élu de la République n’avait donc pas tenu compte des intérêts qui étaient les siens et la position qu’il avait aux cotés de Joseph Kabila.
Les élus sont unanimes
Bien qu’ayant une expérience avérée et les épaules pour, il restait à Kamerhe la lourde tâche de convaincre ses collègues à porter le choix en sa personne. Soumis à la joute oratoire, 10 minutes lui ont suffi pour conquérir tous les électeurs.
« Notre mission est de redorer l’image de l’Assemblée nationale, lui redonner sa lettre de noblesse. Le débat sur l’agression dont est victime le pays sera d’actualité au niveau de l’Assemblée nationale pour que le monde entier comprenne que nous sommes agressés », a-t-il dit avant de renchérir « …Je vous préviens maintenant, ceux qui veulent voter pour moi, je ne vais pas vous flatter pour vous dire, quand je tiendrais ce micro-là, que vous soyez de l’opposition ou de la majorité, nous devons voir l’impact qui découle de la constitution. »
Concernant la situation des élus, Vital Kamerhe a pris des exemples à la volée, tirés de son expérience comme président de l’Assemblée Nationale ; Des cas très difficiles des députés, mais résolus grâce à son intervention auprès des autorités des autres institutions. Parmi les cas sociaux résolus, il a cité celui de Christophe Mboso, à l’époque député national.
Les élus sont unanimes que c’est lui l’homme de la situation, Kamerhe c’est le choix vital pour revitaliser la chambre basse du parlement. Son avènement est un événement qui va redorer le blason de la Chambre basse du parlement et permettre à la fonction parlementaire retrouver ses lettres de noblesse.
Joël Diawa
