RDC : Pacte pour un Congo Retrouvé sonnera-t-il le glas de l’Union Sacrée ? (Chronique de Joël Diawa)
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C’est depuis le 23 janvier 2024, soit, trois jours après l’investiture du Président Félix Tshisekedi pour son second et dernier quinquennat, que quatre regroupements politiques membres de l’Union Sacrée ont annoncé à Kinshasa, la création d’une nouvelle plateforme politique dénommée, ‘’Pacte pour un Congo Retrouvé’’, (PCR). Il s’agit de : Action des Alliés et UNC de Vital Kamerhe, Alliance des Acteurs Attachés au Peuple, AAAP de Tony Kanku Shiku, Alliance Bloc 50, A/B50 de Julien Paluku et Coalition des Démocrates, CODE de Jean-Lucien Busa.
A en croire ses initiateurs, PCR se propose notamment de renforcer la cohésion au sein de la famille politique de Félix Tshisekedi en vue de matérialiser ses idées pour le bien-être de la population. Elle entend également renforcer la majorité parlementaire durant la législature qui démarre le 27 janvier. Si pour les initiateurs, l’objectif est aussi clair que ça, la réalité n’est pas vue dans un même angle pour les autres membres de l’Union Sacrée. Pourquoi avoir sorti cette plateforme au moment où les tractations pour la composition du gouvernement doivent commencer ? Quel avenir pour l’Union Sacrée ? Ce questionnement constitue l’objet de notre réflexion.
Consolidation de la majorité présidentielle ou course à la primature ?
Kamerhe et son équipe restent catégoriques, ce bloc est mis en place « pour consolider la majorité du Président de la République ». Pour composer un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, il faut minimum 25 députés alors qu’il y a d’autres regroupements qui ont cinq, trois voir deux élus nationaux. Raison pour Billy Kambale, secrétaire Général de l’UNC, de se « mettre ensemble pour constituer » une force politiques susceptible de se doter des groupes parlementaires avec « une vision commune de sorte à faire passer leurs propositions de loi avec une voix délibérative au niveau des groupes parlementaires ».
En dépit de cet argumentaire, le non-dit du Pacte pour un Congo Retrouvé reste sans nul doute une manœuvre politique en prélude des tractations postélectorale pour la composition du prochain gouvernement. La plateforme réclame pas mois de 150 élus sur l’ensemble du territoire national aux législatives nationales et provinciales ; ce qui fait d’elle, une prétendante sérieuse dans la course à la primature, même si aucun de ses leaders n’ose le dire de manière ostensible.
Ca boude à l’Union Sacrée, Kabuya pyromane ou sapeur-pompier ?
La création du PCR a suscité des vives et musclées réactions au sein même de l’Union Sacrée où certains acteurs qualifient cette initiative d’un ‘’chantage’’ contre le Chef de l’Etat et d’une ‘’rébellion’’ au sein de cette famille politique, de quoi sonner le rappel des troupes. Augustin Kabuya, secrétaire Général de l’UDPS et membre du présidium de l’Union Sacrée a de manière urgente consulté les autres membres du présidium pour dit-il « connaitre la position de tout un chacun ».
Deux faits marquants caractérisent la démarche de Kabuya qui par ailleurs, « dédramatise » la portée de cet avènement.
Primo, il est resté ambigüe en voulant ‘’connaitre la position de tout un chacun’’. Soupçonne-t-il les uns et les autres à tourner leur tourner le dos ? Secundo, dans ses consultations, Kabuya aurait échangé avec tous membres du présidium sauf Vital Kamerhe. C’est juste une question d’agenda ou il ne considère plus le pacificateur au rang des membres du présidium ? Voici les questions qui taraudent les esprits des observateurs qui réfléchissent sur l’avenir de l’Union Sacrée au regard de la gloutonnerie des acteurs politiques qui la composent tout en se méfiants les uns des autres.
Dans l’entretemps, le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde qui est aussi membre du présidium a aussi de son coté, annoncé la création d’une plateforme dénommée « Dynamique Agissons et Bâtissons » qui serait constituée de pas moins de 10 regroupements politiques. Mais cela n’a pas autant suscité un tôlé comme l’a été pour l’autre bloc.
Une chose est sûre, avec les tractations pour la composition du gouvernement, l’on verra naitre pas moins de quatre plateformes au sein de l’Union Sacrée. Mais l’avenir de cette dernière est fortement mis en péril. Durant les deux premières années du deuxième quinquennat de Félix Tshisekedi, en toute hypocrisie, différents camps fairont semblant de cheminer ensemble avant sans aucun doute de voir le navire chavirer. Etant donné que c’est le dernier mandat présidentiel de Tshisekedi, chacun tentera de se positionner comme dauphin. Impossible donc d’éviter des escarmouches entre eux…
Joël Diawa
