Ngefa, un casting contesté au ministère de la Justice : l’urgence d’un réajustement au sommet de l’État
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Depuis sa nomination à la tête du ministère de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa peine à convaincre tant l’opinion publique que les observateurs avertis du monde juridique. Ses récentes prestations médiatiques, marquées par des approximations et un manque apparent de maîtrise des fondamentaux du droit, suscitent de plus en plus d’interrogations sur l’adéquation de son profil aux exigences de cette haute fonction régalienne.
En effet, son parcours essentiellement ancré dans les organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme, bien que respectable, ne semble pas lui avoir conféré une expérience suffisante des mécanismes complexes du droit judiciaire et du droit administratif. Or, la gestion du ministère de la Justice requiert une expertise pointue, à la fois théorique et pratique, des arcanes juridiques et institutionnels de l’État.
Ces limites seraient apparues au grand jour le jeudi 02 avril, lors de son intervention devant la représentation nationale. Interpellé dans le cadre d’une question orale relative au projet de tribunal pénal financier, le ministre s’est contenté de lire des réponses manifestement préparées par ses collaborateurs, sans réelle capacité d’appropriation ni de défense argumentée face aux élus de la nation. Une posture qui a laissé perplexes tant les parlementaires que les téléspectateurs.
Ce constat n’est malheureusement pas isolé. Quelques jours plus tôt, lors d’un briefing du gouvernement avec son collègue en charge de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, Guillaume Ngefa avait déjà donné l’impression de naviguer à vue, en apportant des réponses jugées approximatives, voire inadaptées, aux préoccupations soulevées par les journalistes.
Sur les réseaux sociaux, notamment sur son compte X, ses prises de parole ne rassurent guère davantage. Plusieurs internautes pointent un déficit de rigueur dans le traitement des sujets abordés, renforçant ainsi le sentiment d’un malaise quant à sa capacité à incarner pleinement l’autorité et la crédibilité attachées à sa fonction.
Plus préoccupant encore, le ministre semble peiner à assumer son rôle fondamental de conseiller juridique du gouvernement, mission pourtant essentielle dans la conduite des politiques publiques et la sécurisation des actes de l’exécutif.
Dans un contexte où la justice congolaise est appelée à jouer un rôle déterminant dans la consolidation de l’État de droit, la lutte contre la corruption et la restauration de la confiance des citoyens, il apparaît impératif que ce portefeuille stratégique soit confié à une personnalité disposant d’une solide culture juridique, nourrie à la fois par la doctrine et par une pratique avérée des institutions judiciaires.
Dès lors, la question d’un réajustement au sommet de ce ministère se pose avec acuité. Il revient au Chef de l’État, garant du bon fonctionnement des institutions, de tirer les conséquences qui s’imposent afin de préserver la crédibilité de l’appareil judiciaire et de répondre aux attentes légitimes de la population.
La Rédaction
