Clôture de la session parlementaire de septembre : Aimé Boji Sangara dénonce avec fermeté l’« agression rwandaise » et appelle à l’unité nationale
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« Face à l’agression et aux tentatives de déstabilisation, notre meilleure arme est la cohésion nationale », a martelé le Président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, lors de la séance plénière marquant la clôture de la session parlementaire de septembre, ce lundi 15 décembre. Cette session, essentiellement budgétaire, aura été marquée par l’adoption de la loi de finances exercice 2026, ainsi que par une production législative jugée significative, traduisant la volonté de la Chambre basse de renforcer l’arsenal juridique et institutionnel du pays dans un contexte national et régional particulièrement tendu.
Une clôture sur fond de crise sécuritaire persistante à l’Est
Dans un discours solennel prononcé du haut de l’hémicycle de la souveraineté nationale, le Président de l’Assemblée nationale a choisi de placer la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo au centre de son adresse, dénonçant avec vigueur ce qu’il qualifie d’agression caractérisée du Rwanda, opérée à travers ses supplétifs du mouvement AFC-M23.
« Au moment où nous sommes sur le point de déclarer close cette session, notre cher et beau pays continue d’être victime de l’agression rwandaise par le truchement de ses supplétifs de l’AFC-M23 », a-t-il déclaré.
Aimé Boji Sangara est revenu sur les espoirs suscités par la validation solennelle de l’accord de paix du 27 juin 2025, signé le 4 décembre à Washington, par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue rwandais Paul Kagame. Un accord qui, selon lui, devait marquer un tournant décisif après trois décennies d’atrocités dans l’Est du pays.
Violation de l’accord de paix et crimes internationaux dénoncés
Ces espoirs ont toutefois été rapidement douchés par la reprise des hostilités, notamment l’attaque de la ville d’Uvira, par les forces rwandaises et à leurs supplétifs.
« Nous avions été surpris par la violation dudit accord suite à l’attaque de la ville d’Uvira », a-t-il regretté.
L’Assemblée nationale condamne ainsi avec fermeté « les violations délibérées, répétées et manifestes » de cet accord, évoquant des bombardements indiscriminés, des attaques par drones et des violences ciblant directement les populations civiles sans défense.
« Ces actes barbares, planifiés et exécutés en violation flagrante du droit international humanitaire, constituent des crimes de guerre avérés et des crimes contre l’humanité », a insisté le Président de la Chambre basse.
Interpellation de la communauté internationale et salutation du positionnement américain
Dans son allocution, Aimé Boji Sangara a interpellé la communauté internationale, l’appelant à assumer pleinement sa responsabilité morale et juridique, notamment en mettant fin à l’impunité et en sanctionnant l’État agresseur.
Il a par ailleurs salué la position ferme des États-Unis d’Amérique, qui identifient clairement le Rwanda comme un acteur central de la déstabilisation de l’Est congolais.
« Nous insistons sur la nécessité de faire de cette position des États-Unis et des membres permanents du Conseil de sécurité une véritable ouverture pour imposer la paix à l’Est de notre pays », a-t-il souligné.
Un appel à l’unité nationale et au soutien aux forces de défense
Malgré la gravité de la situation, le Président de l’Assemblée nationale a appelé le peuple congolais à la résilience, à la vigilance et surtout à l’unité nationale, au-delà des clivages politiques.
« L’heure est à l’unité nationale. Face à l’agression, notre meilleure arme est la cohésion nationale », a-t-il lancé.
Il a cependant exhorté les députés nationaux à se tenir aux côtés du Président de la République, Chef de l’État, dans l’accompagnement de l’action gouvernementale pour la défense de la patrie.
Dans un hommage appuyé, Aimé Boji Sangara a salué le courage des FARDC et des Wazalendo, qui, selon ses mots, « défendent la patrie au prix de leur sang ».
Une note d’espoir malgré l’adversité
Clôturant son discours sur une note d’espoir, le Président de l’Assemblée nationale a rappelé les paroles fortes du Chef de l’État lors de son discours sur l’état de la nation, le 8 décembre dernier :
« Les ténèbres ne régneront pas éternellement sur notre pays ».
Une déclaration qui résonne comme un message de détermination collective, alors que les institutions de la République sont appelées à demeurer solides et engagées pour le retour d’une paix juste et durable sur l’ensemble du territoire national.
Joël Diawa
