Journée internationale des droits de l’enfant : EVAPEV dénonce le nombre croissant d’enfants de la rue de suite des maltraitances en famille
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C’est un tableau sombre que dresse Fanny Kamweni, présidente de l’ONGDH EVAPEV, en ce jour du 20 novembre 2025 qui marque la célébration de la journée internationale des droits de l’enfant à travers le monde.
À Kinshasa en particulier, EVAPEV a organisé une journée de sensibilisation à l’intention des enfants pris en charge par la structure évangile auprès des personnes vulnérables. Une journée de sensibilisation voulue participative qui accorde la voix aux enfants de s’exprimer sur leur vécu dans ce lieu d’accueil. Fanny Kamweni revient sur les causes qui poussent les enfants à se retrouver dans la rue :
Cette journée, avait pour objectif en croire Fanny Kamweni, d’ « écouter » ces enfants et « leur faire connaître leurs droits les plus fondamentaux qui sont entre autres, le droit d’un enfant de vivre en famille, le droit à la vie, le droit à la santé, mais aussi le droit à la sécurité sans oublier le droit de participer aux décisions qui le concerne. »
Elle a souligné cependant que l’enfant doit participer dans tout ce qu’on fait pour lui et avec lui :
« Il y a des enfants aujourd’hui qui sont sans toit non pas parce qu’ils sont des enfants en situation de rue mais parce qu’ils ont été envoyés par leurs familles pour venir aider les leurs ici à Kinshasa, et bénéficier en contre partie la scolarisation. Malheureusement, nous recevons de plus en plus des enfants qui fuient la maltraitance dans leurs familles d’accueil lorsqu’ils réclament d’être scolarisés. En lieu et place d’être traités par leurs proches comme étant des esclaves, ils préfèrent se retrouver dans la rue. J’ai un cas que j’ai qui m’est venue de la police de protection. L’enfant a revendiqué que sa maman lui avait dit qu’elle venait à Kinshasa pour aider un membre de sa famille et en retour, elle devrait étudier. Cette fille a fait deux ans sans étudier, et l’autre que nous allons remettre à la protection puisque la famille a accepté de payer le billet pour le renvoyer à Kananga. »
L’occasion faisant le larron, la présidente d’évangile auprès des personnes vulnérables est montée au créneau pour dénoncer tous ceux qui utilisent la cause de l’enfant comme étant leur vache:
« La question relative aux droits des enfants est devenu un appât pour que ceux qui ont des moyens de rencontrer les bailleurs des fonds. C’est devenu un moyen facile pour eux de gonfler leurs poches avec les fonds destinés à la cause des enfants. Les droits de l’enfant aujourd’hui en RDC, c’est quasiment un slogan, loin d’être une réalité à cause des différents détournements que je déplore dans le chef de certains travailleurs engagés pour cette cause. Cette situation expose notre pays au déshonneur auprès de ceux qui financent les différents projets. Ainsi, notre pays ‘ la RDC est considérée comme l’un des pays qui ne respecte pas ses engagements en matière de protection des droits de l’enfant. Si la RDC respectait les droits de l’enfant on n’aurait pas eu des enfants qui sont exploités dans les familles d’accueil, exploités par des églises, encore moins maltraités et abusés. »
Au-delà des dénonciations sur les détournements des fonds destinés aux enfants vulnérables, Fanny Kamweni reste engagée à accompagner ces enfants tant sur leur scolarisation que leur prise en charge médicale. Actuellement, 76 enfants sont scolarisés par EVAPEV dont 32 garçons et 44 filles. L’objectif majeur selon elle, est d’accueillir ces enfants et faire d’eux des citoyens accomplis et utiles à la société et ce, avec les moyens de bord.
Chantal Kabasua
