Mégestion et incompétence au Tribunal de paix de Kinshasa/Matete : Joséphine Mukonkole, un récidivisme ahurissant
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À plusieurs reprises, le Président de la République a dénoncé le dysfonctionnement chronique de l’appareil judiciaire, qu’il n’a pas hésité à qualifier de système « malade ». Et comment lui donner tort lorsque certains magistrats, y compris des chefs de juridiction censés incarner la rigueur et l’éthique, se livrent, selon de nombreux témoignages, à des pratiques qui sapent les efforts de réforme menés par la hiérarchie judiciaire ? C’est précisément le cas de la Présidente du Tribunal de paix de Kinshasa-Matete, Joséphine Mukonkole. Au terme de cette investigation menée par la rédaction du Journal Télévisé des Droits Humains, des cadavres ont été découverts dans les placards de cette juridiction au cours de sa gestion.
Une gestion chaotique des audiences
Au Tribunal de paix de Kinshasa-Matete, C’est tout sauf la bonne administration. Les audiences, censées débuter à 8 h, commenceraient régulièrement à midi. Et lorsque c’est la Présidente Mukonkole qui siège, plusieurs témoins affirment que les audiences ne démarrent parfois qu’à 14 h pour se prolonger jusqu’à 22 h.
« Ce n’est pas normal ! Je suis arrivé à 8 h, l’audience n’a commencé qu’à 14 h. Mon affaire a été appelée vers 21 h. On a dû renvoyer, vu que nous étions épuisés », s’était indigné un avocat interrogé par le Journal Télévisé des Droits Humains.
« En dépit de tout le respect dû aux magistrats, cette dame ne mérite pas notre respect parce qu’elle-même, elle ne respecte pas les avocats », avait renchéri un autre, exaspéré par ce qu’il qualifie ‘’d’abus répétés.’’
Ces témoignages illustrent parfaitement la dérive organisationnelle qui caractériserait cette juridiction sous madame Mukonkole.
Une liberté provisoire controversée
À cela s’ajoute un dossier qui a provoqué un véritable tollé : Joséphine Mukonkole a accordé une liberté provisoire jugée « fantaisiste » par plusieurs sources judiciaires, à un prévenu impliqué dans une affaire de créance de plus d’un million USD.
Selon ces mêmes sources, la décision aurait été rendue sans fondement légal apparent alors que l’affaire a été instruite au parquet général et fixée. Depuis sa remise en liberté, le prévenu serait introuvable, ce qui accentue les interrogations sur la légèreté supposée de cette mesure et l’intérêt pour elle d’accorder la liberté provisoire à une personne qui aurait même reconnu les faits mis à sa charge.
Des sanctions face à la gouvernance décriée
Ces faits, ajoutés à ce que certains décrivent comme une gestion défaillante du Tribunal de paix de Matete, qu’elle dirigeait auparavant, ont conduit à une nouvelle sanction disciplinaire. Joséphine Mukonkole est désormais interdite d’exercer pour une durée indéterminée.
Une décision saluée par de nombreux avocats et justiciables, qui y voient enfin une réponse à ce qu’ils qualifient de manque de leadership et de mégestion persistante.
D’après des acteurs judiciaires interrogés, cette mesure marque peut-être la fin du « gangstérisme judiciaire » qui, selon eux, aurait prospéré au sein de cette juridiction depuis quelques années, en attendant une probable saisine de la chambre de discipline pour examiner son dossier.
Un précédent révélateur
On n’a pas oublié non plus l’incident où la Présidente avait suspendu l’audience pour ordonner l’expulsion d’un journaliste du Journal Télévisé des Droits Humains, pourtant muni d’une autorisation régulière de couverture médiatique.
Une question demeure : qu’avait-elle donc intérêt à empêcher la couverture médiatique de ladite audience ?
Une récidive inquiétante
Depuis son affectation à la tête du Tribunal de Paix de Kinshasa-Matete en août 2023, Joséphine Mukonkole a déjà été sanctionnée à deux reprises. Dans un corps hautement hiérarchisé comme la magistrature, ce cumul de sanctions laisse planer de lourds doutes sur son rapport avec ses autorités et au respect de la discipline interne. Cette seconde interdiction en moins de deux ans apparaît comme une preuve supplémentaire d’un comportement jugé incompatible avec la fonction qu’elle occupe.
La Rédaction
