Marché public opaque: 39 millions USD détournés au Ministère de la Justice, la Coalition ‘’Le Congo N’est Pas à Vendre’’ exige transparence, audit et poursuites judiciaire
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L’Assemblée Nationale a mis en place une commission qui devra examiner le réquisitoire du Procureur Général près la Cour de Cassation sollicitant l’autorisation d’ouvrir une information judiciaire contre le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux impliqué dans un présumé détournement des fonds publics dans le cadre d’un marché de construction d’une maison d’arrêt à Kisangani. Cette affaire préoccupe au plus haut point tout congolais épris d’une gestion transparente de la chose publique.
Dans un communiqué, la Coalition Le Congo N’est Pas à Vendre ‘’CNPAV’’ condamne avec fermeté l’attribution de ce marché public de ‘’gré à gré’’ entre le Ministère de la Justice et l’entreprise ZION CONSTRUCTION SARL, une société créée, précise le communiqué, « sans expérience notable dans la réalisation des projets d’envergure».
Ce contrat, entaché de graves irrégularités poursuit le communiqué, « témoigne d’un mépris flagrant des procédures établies par la loi n°10/10 du 27 avril 2010 relative aux marchés publics ».
Face à l’accumulation des dysfonctionnements dans ce marché notamment, « paiement douteux, opacité bancaire et violation des procédures », Le Congo n’est pas à vendre exige un « audit financier indépendant et public » portant sur l’ensemble des comptes et dépenses du Ministère de la Justice liés à ce projet. Cet audit insiste-t-il, « doit être mené par des experts impartiaux, et ses conclusions rendues publiques afin de lever toute ambigüité ».
A en croire ce consortium des organisations de la société civile, ce scandale (dit Mutamba gate Ndlr) met en lumière la nécessité de « réexaminer l’ensemble des comptes gérés directement par le Ministère de la Justice ».
« Cette investigation doit inclure un audit de toutes les transactions effectuées sur les trois dernières années afin d’identifier d’éventuelles opérations frauduleuses similaires », poursuit le communiqué.
Pour un retour à la transparence et à la légalité, le CNPAV exige :
- La publication intégrale de tous les documents relatifs à l’attribution de ce marché ;
- La suspension immédiate de ce contrat en attendant une enquête indépendante et transparente ;
- L’ouverture des poursuites judiciaires contre les responsables de cette fraude manifeste ;
- Un audit exhaustif des comptes gérés par le Ministère de la Justice.
Nous rappelons que la lutte contre la corruption passe par le respect strict des procédures légales et la transparence dans la gestion des fonds publics, le Congo n’est pas vendre estime en outre que, le Ministère de la Justice, garant de l’Etat de droit, doit impérativement donner l’exemple en matière de ‘’probité’’ et de ‘’responsabilité’’.
En dépit des évidences des faits, le Ministre de la Justice, Contant Mutamba a, dans une déclaration signée par son cabinet un certain dimanche 11 mai 2025, jour non ouvrable, qualifié les documents incriminant ce contrat de ‘’fake news’’ tout en promettant des poursuites judiciaires à tout celui qui oserait dénoncer.
Pour le Congo N’est Pas à Vendre, cette initiative ‘’d’intimidation’’ vise clairement à « décourager la vigilance citoyenne et à dissuader toute dénonciation des pratiques opaques qui entourent ce marché public». Malgré ces manœuvres, le CNPAV affirme avec force que ces pressions ne feront que renforcer « notre détermination à dénoncer cet acte de corruption flagrante ».
Joël Diawa
