Constant Mutamba : Un énième populisme qui frise l’insubordination et la déstabilisation des institutions
Rédaction: +243 817 406 088
Dans la gestion de la chose publique, rien n’est plus aberrant que la déférence et l’ignorance de la solidarité. Le Ministre d’Etat ayant la justice et garde des sceaux dans ses attributions ne semble peut-être pas maîtriser ces notion élémentaire à défaut d’agir de manière expresse.
Face à plus de 5000 jeunes réunis à Kinshasa lors d’une manifestation organisée le mardi 03 mars 2025 par l’Inspection Générale des Finances, le Ministre Mutamba a semblé avoir scié de manière tentaculaire la branche sur laquelle il est assis.
« Je sens l’odeur du détournement dans cette salle (…) Il est possible de distinguer sans tricher. Si tu es patriote, tu ne peux pas détourner les soldes pour les militaires », a-t-il dit en présence de quelques-uns de ses collègues membres du gouvernement et de la Cheffe la Première Ministre, Judith Suminwa.
La réaction de cette dernière ne s’est pas fait attendre. Devant le même lutrin, la patronne du gouvernement a répliqué : « Vous pouvez demander à ceux qui me connaissent ; depuis l’école primaire, je n’ai jamais triché (…) Le ministre d’Etat de la justice vient d’affirmer qu’il perçoit une odeur, partagez-vous cette perception ? Pendant que nous sommes ici est-ce qu’un parfum de malversation semble flotter parmi vous ? Est-ce que c’est normal ? On ne peut jamais sentir l’odeur du détournement ici. »
A la lecture de cette péripétie, il est clair que le Ministre de la justice a indirectement accusé si pas sa Cheffe, ses collègues d’avoir détourné les soldes des militaires. Comment ne pas donner raison à ceux qui soutiennent la thèse du populisme ?
Plusieurs analystes estiment que « rien n’est plus déconcertant que d’observer une telle discordance au sommet du gouvernement (…) qui met en lumière une fracture béante qui affaiblit la perception de l’action de l’État au moment où le pays fait face à une guerre d’agression rwandaise ».
Constant Mutamba, par ses prises de parole retentissantes et déconcertantes, semble avoir oublié les fondamentaux de la gouvernance : la clarté d’action et la solidarité gouvernementale. Ces écarts de déclarations audacieuses, défiant ouvertement l’autorité de la Première Ministre, ne sont pas simplement un écart de conduite ; elles sont le signe d’un mépris pour l’intégrité collective du gouvernement.
Une ligne rouge franchie visiblement pour se forger sa propre personnalité en vue des échéances politiques futures? Une chose est vraie ! Cette propension à l’insubordination, déguisée sous le masque du patriotisme fragilise un exécutif déjà vacillant.
Cette attitude vis-à-vis de sa Cheffe n’est qu’une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ses déclarations grandiloquentes envers les magistrats qui étaient même applaudies par certaines autorités n’étaient qu’une prémonition de ce que nous avons vécus. Aujourd’hui, l’homme a pris le goût de franchir les rubiconds. L’appétit vient en mangeant dit-on, ne pas prendre acte de ce manque flagrant de déférence et de loyauté expose le gouvernement à une dilution de son efficacité et crédibilité et pousserait la personne à tenter cette fois-ci, de toucher le sommet de l’Etat, Président de la République.
Il est grand temps de stopper cette hémorragie en retirant Constant Mutamba de l’équipe gouvernementale. Ses actions et ses mots ont démontré à qui voulait l’entendre que sa place n’est probablement plus au sein de cet exécutif.
La symbolique de la justice doit être restaurée à-travers un ministère dirigé par un acteur non seulement prêt à incarner pleinement et entièrement l’esprit patriotique, mais surtout, une personne qui va redonner à ce portefeuille ses lettres de noblesse.
Joël Diawa
