Ajustement politique africain, pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa. L’ouvrage de Mayoyo Bitumba propose un modèle de démocratie adapté aux réalités africaines
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Paru aux éditions L’Harmattan, l’ouvrage ‘’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo Kinshasa’’ écrit par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo propose un modèle de démocratie adapté aux réalités africaines. L’auteur estime que le modèle de la démocratie à l’occidental a été à la base de l’effondrement du continent africain. En 284 pages, il propose une voie africaine de la démocratie.
Selon Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo, la cause principale de l’effondrement africain généralisé est à chercher dans la démission des élites locales face aux tares du modèle politique hérité de la colonisation ; ce qu’il qualifie dans cet ouvrage de la démocratie ‘’mimétique’’.
Se penchant sur la démocratisation de l’Afrique, l’auteur dégage une certitude selon laquelle, « Dans les années 90 comme dans les années 60, les peuples congolais et africains n’ont fait preuve d’aucune créativité dans l’édification de la démocratie. Tout s’est passé comme si celle-ci était un bien de consommation produit par les Occidentaux et que les Africains n’avaient qu’à l’importer pour pouvoir en jouir à leur tour ».
« Partout en Afrique, qui dit démocratie pense aussitôt création de partis politiques. Naissent alors, comme issus d’une génération spontanée, des communistes, des socialistes, des libéraux, des sociaux-chrétiens, des démocrates-chrétiens, des sociaux-démocrates et autres écologistes », regrette Mayoyo Bitumba pour qui, l’acquit majeur de la démocratie libérale est le règne juridique de la majorité. Dans ce cas, « que signifient réellement toutes ces importations idéologiques pour un continent dont la population est majoritairement analphabète. Parmi les intellectuels eux- mêmes qui s’évertuent à copier systématiquement l’Occident, qui croit sincèrement à tous ces artifices étrangers aux sociétés africaines ? », s’est-il interrogé
L’écrivain congolais de 67 ans affirme cependant que depuis les indépendances, les élites africaines ne sont pas parvenues à identifier le problème posé par l’Etat en Afrique. Lui, il l’a identifié et affirme que c’est un problème né « du despotisme européen exacerbé par le colonialisme, qui a aplati toutes les différences et contradictions inhérentes à la juxtaposition de populations, en les soumettant à une centralisation forcée exogène ». Il explique en outre que « les identités communautaires ou régionalistes ont été ignorées, voir instrumentalisées quand nécessaire ».
L’Afrique souffre de ses structures politiques issues d’Etats-Nations quasiment inexistants sur le continent. Tout processus d’émancipation de cette camisole de force passe à l’en croire par « un ajustement politique indispensable », qui prenne en compte tous les niveaux des sociétés africaines et notamment la ‘’tribu’’, l’ ‘’ethnie’’ ou la région. Pour lui, « le citoyen africain peut à la fois être loyal à son foyer culturel et son pays territorial », d’où une voie africaine démocratique qu’il propose dans cet ouvrage.
Il s’agit notamment de la démocratie consensuelle, la démocratie non-partisane basée sur l’ethnicité et/ou la régionalité et la démocratie non-partisane et consociétale au Congo. Ces trois modèles que sui seront développés lors du prochain article.
Joël Diawa
