RDC : Nouvelles nominations à la CTDH, la Ministre des droits humains appelée à revenir sur son arrêté qualifié »d’illégal, d’injuste et de violation des droits humains »
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Dans un arrêté signé le 2 janvier 2025, la Ministre des droits humains a nommé 64 nouveaux experts de la Cellule Technique des Droits humains (CTDH). Une décision qui a conduit à la démission de Fernandez Murhola, coordonnateur de cette cellule, un jour après la signature de cet arrêté. Pour lui, la décision de Chantal Chambu Mwavita est illégale et injuste.
Fernandez Murhola rappelle que les membres de la CTDH ont un mandat de six ans renouvelable une fois :
« L’arrêté ministériel n°024/CAB/MIN/DH/CCM/2025, signé le 2 janvier, a ainsi modifié l’arrêté n°009/CAB/MIN/DH/2024, révoquant tacitement les précédents membres de la CTDH, en dépit des conditions claires établies par l’arrêté ministériel du 2 février 2023, qui stipule un mandat de six ans pour ces postes et encadre strictement leur révocation. Cette démarche est d’autant plus choquante qu’elle survient après une demande en décembre 2024, de réévaluation des membres de la CTDH, une procédure qui aurait dû être effectuée en amont et non après les nominations », a déclaré Fernandez Murhola.
À en croire cet ancien coordonnateur de la CTDH, cet arrêté ministériel constitue une violation flagrante des droits de l’homme, droit au travail et entache la place de la RDC récemment acquise au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.
« En tant qu’avocat de profession et protecteur des droits humains, il est particulièrement surprenant que la ministre ait pris une décision qui apparaît comme une discrimination manifeste à l’encontre du personnel de la CTDH, en les remplaçant par des membres de son entourage politique, familial et personnel. Cette décision enfreint plusieurs principes fondamentaux, notamment le droit au travail des 64 professionnels concernés, comme garanti par la Constitution congolaise et les conventions internationales ratifiées par la RDC », renchérit-il.
Ce défenseur des droits humains invite par ailleurs la ministre des droits humains de revenir sur sa décision tout en lui rappelant attaquabilité de ladite décision devant les mécanismes conventionnels des Droits de l’Homme de l’Union Africaine et des Nations Unies.
« Il est donc impératif que la ministre revienne sur sa décision. Qu’elle retire cet arrêté et rétablisse les droits des 64 experts congolais afin de respecter les engagements du pays envers ses citoyens et les principes universels des droits humains », précise Fernandez Murhola selon qui, les Droits de l’Homme s’arrachent et aucun accord entre particuliers politiques ne peut supplanter les droits fondamentaux garantis par le droit international, la Constitution et les lois de la république.
La Cellule Technique des Droits Humains coordonne, supervise et assure l’exécution des programmes du ministère des droits humains.
AM
