Trois ans d’existence de l’association Mounia, Agnès Kalonji saisit le patron de la justice congolaise pour la libération des enfants dits » invisibles »
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Elle en a fait son cheval de bataille depuis le premier jour où elle a constaté la présence des enfants au pavillon 9 de la prison centrale de Makala. À l’occasion d’une visite dans ce pavillon réservé aux femmes, Agnès Kalonji a fait une découverte qui a troublé son esprit et n’est jamais restée en paix.
Les enfants dits invisibles sont ceux qui accompagnent leurs mamans en milieu carcéral sans aucun statut officiel alors que la loi pénitentiaire en vigueur ne reconnaît que la présence des enfants âgés de 0 à trois ans, une présence justifiée par le fait de garder la chaleur maternelle. Cependant, la présence de ceux de plus de trois ans et en âge de scolarité inquiète pour leur avenir.
Ainsi, soucieuse de l’avenir de ces enfants qui doit passer par une des bonnes études, Agnès Kalonji Dibanza en a fait sa lutte. Lors de son récent voyage à Kinshasa, la présidente de l’association Mounia n’a ménagé aucun effort pour atteindre son objectif, celui de voir ces enfants libérés sur fond d’accomplissement de certains préalables.
La présidente de Mounia a donc saisi officiellement le ministre d’État et ministre de la justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa auprès de qui elle a eu une séance de travail au cours de laquelle, elle a clairement présenté sans détour la situation des enfants invisibles dont les droits humains et les plus fondamentaux laissent à désirer. Dans sa présentation, la présidente de Mounia a sollicité du ministre de tutelle l’autorisation officielle de placer ces enfants dans un cadre approprié dénommé » Maison de l’espoir Mounia » une maison déjà opérationnelle qui répond aux normes pour une prise en charge psycho-social et la scolarisation des enfants qui n’ont jamais fréquentés l’école à l’heure où la gratuité de l’enseignement est mise en oeuvre par le chef de l’État. Pour Agnès Kalonji, aucun enfant ne devrait souffrir d’ une quelconque restriction de bénéficier d’une éducation, gage de la réussite dans l’avenir.
Du ministère de la justice à celui des affaires sociales en passant par l’ambassade de Suisse, Agnès Kalonji n’a eu qu’un seul message, celui d’ impacter à vie les enfants, les jeunes filles et les femmes à travers plusieurs programmes dont elle dispose au nombredesquels, l’éducation qui vient en pool position, l’ insertion et la réinsertion ainsi que l’ entrepreneuriat au féminin.
Devant les autorités de l’exécutif national, Agnès Kalonji a trouvé un répondant positif. Les ministères concernés n’ont pas caché leur satisfaction, ils ont salué la détermination de cette compatriote qui non seulement a apporté un projet faisable et réalisable mais surtout des propositions concrètes de sa mise en œuvre.
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« Je quitte Kinshasa avec un cœur plein d’émotions, un cœur satisfait de voir que les autorités de mon pays ont été très attentionnées par mon projet de l’éducation des enfants dits invisibles dont l’exécution passe impérativement par leur libération. Je salue l’ accompagnement du patron de la justice. Guillaume Ngefa m’a ouvert ses portes, des échanges fructueux avec des orientations claires qui vont m’aider à œuvrer dans la quiétude dans ce secteur.
Je repars avec une envie de vite revenir à Kinshasa pour la matérialisation et l’exécution d’un de mes projets, celui d’ accompagner ces enfants à l’école à la rentrée scolaire prochaine. Les projets portant sur les autres axes de Mounia vont bon train », a déclaré Agnès Kalonji au sortir de l’audience lui accordée par Guillaume Ngefa.
Signalons par ailleurs que la célébration du troisième anniversaire de l’association Mounia a été marquée par un partage de repas avec les enfants de l’orphelinat Shilo situé dans la commune de Makala et un gâteau partagé autour de la lecture des livres et le coloriage des cahiers faits par les enfants des familles avoisinant la maison de l’espoir Mounia située dans la commune de Mont Ngafula.
Chantal Kabasua
